" Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui même, et le plus étonnant est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles." Julien Green, Journal
Rencontrer l'ocre quand on ne connaît que le vert des herbes normandes ... L'incandescence orientale, les parfums patchouli, quand ce sont des vapeurs laiteuses et animales que l'on respire...
L'Amour m'a offert les Indes afin de se légitimer, car en mon sein l'abîme se resserrait...
Et le pays révé a fondu en mon corps comme un miel égaré. Là-bas, enfin, je devenais la matrice-génique de moi-même, le personnage adage, l'illusion vérité, je comprenais l'environnement qui m'habitait.
Des monts Himalayens au désert du Thar, des lépreux souriants aux sadhus méditants, j'ai errer insatiablement jusqu'à trouver une espèce de vérité.
Rondouillards ou émaciés les visages glanés étaient tout autant d'énergie absorbée, si bien qu'il me fallait m'isoler quelqu'instants pour respirer ou digérer ce trop plein d'osmose universelle.
L'ignorant Occident accuse les castes alors que sa lutte des classes n'est pas résolue; l'indien est immortel et se fiche bien de nos pensées matérielles. Sa Beauté gomme notre capitalisme à coup de ciselure colorée ou d'étoffes chatoyantes. Notre rusticité insulte pourtant un peuple qui malgrès ses inégalités sait voir l'invisible énergie. Tout en Inde est ineffable beauté, "luxe, calme et volupté", la misère de ce pays s'accroche pourtant dans ses moindres recoins et respire l'injustice et l'opprobre mais l'essentiel n'est-il pas la gourmandise vitale avec laquelle chaque indien vie ...
On me condamnera au romantisme mais c'est que mes yeux, mon coeur, ma chair le sont et ne perçoivent en ce monde que les caprices esthétiques et véridiques qui le font.
la terre indienne est quasi mienne ...