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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 10:26

 

          

 

John_Henry_Fuseli_-_The_Nightmare.JPG

John Henri Fuseli, The nightmare

 

          Cela faisait plusieurs nuits qu'elle ne trouvait pas aisément le sommeil et que, agitée par je ne sais quel démon, elle cauchemardait. Etait-ce à cause de la Lune qui arrivait dans son dernier quartier, en raison du retour inopiné de l'automne ou de ses lectures fantastiques, elle n'en savait rien.

           L'horloge et son bruyant tic-tac indiquait minuit, Osiris ronronait près d'elle savourant ces instants de chaleur et de tendre complicité. Elle posa le gros volume des contes d'Edgar Allan Poe sur son chevet, se tint à la fenêtre et mira la nuit froide et lugubre. Elle prit soin de sortir le chat après fortes caresses et se glissa volupteusement sous les draps. 

                     

          Aussitôt parvint-elle à s'endormir qu'elle entendit son réveil-matin chuchoter des sons indicibles comme sortis d'outre-tombe, puis un sifflement léger mais constant l'accompagnit. D'abord pragmatique, elle ébranla le sonneur puis se rendormit. Ce fut le tour du chat qui griffant la porte, la réveilla, le réveil sifflait et marmonnait toujours. L'air s'alourdissait subrepticement, son coeur commençait à battre plus rapidement, une goutte de sueur lui glaça le dos, elle avait peur. Une brise piquante et glacée s'engouffra par la fenêtre. Elle souffla à Osiris de cesser ses crissements et s'endormit à nouveau. Mais le chat continuait de gratter, et tâchait maintenant de pousser la porte en glissant sa tête dans l'interstice. Elle se leva hors d'elle et de plus en plus mal à l'aise, elle le gronda, le chassa du pied. Le téléphone se mit à sonner, elle regarda l'heure, 2 Heures ! Elle répondit, personne. Elle écoutait le bip régulier comme une danse macabre. Elle retourna au lit, mais le têtu chat ne la laissait pas en paix, elle tenta encore de le calmer sans y parvenir, épuisée elle se surprit à des accés de violence envers son compagnon félin, mais chaque fois qu'elle s'alitait, il reprenait de plus belle. Elle finit par voir rouge ... Elle le saisit par le cou, le secoua violemment, tonna, gueula vociféra puis murmura ce qui n'eut d'autre effet que d'arrondir, ébahis, les yeux du chat. Des bouffées de haine l'envahirent, elle agita tant Osiris que dans un miaulement étouffé, elle cru le tuer. Elle chancela.

           Le téléphone sonna à nouveau, c'était Maria qui totallement ivre, ne s'était pas rendu compte de l'heure tardive et l'appelait pour connaitre le nom d'un groupe qu'elle lui avait fait découvrir.

_ Fever Ray. Je retourne me coucher.

         Mais avant cela, elle appela Osiris, le chercha dans tous les coins de la petite maison et le trouva dormant paisiblement sur le faît de l'armoire. Merci Maria, il ne s'agissait que d'un nouveau cauchemar.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 20:35

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Impressioni indiane

 

 

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Obelisco, luce ed acqua

 

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Birra

 

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Fontena de la piazza del popolo

 

DSCN0648La piazza


DSCN0619.JPGFarniente a la villa Borghese

 

DSCN0668.JPGFarniente seguito ...

 

 

DSCN0663 Punto di vista di Marge

 

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Il piedi nell'acqua

 

DSCN0729.JPGluce ...

 

DSCN0835.JPGLuce...

 

DSCN0681.JPGMarge ... ... ...

 

DSCN0730.JPGPiccola grondaia senza pico , ; ... : !

 

DSCN0879.JPGti Amo

 

DSCN0739.JPGIo per Te

 

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Noi

 

DSCN0770.JPGVia Appia

 

DSCN0775.JPGMarge colore

 

DSCN0884.JPGPronto !

 

DSCN0734.JPG...

 

DSCN0796.JPGBaba di Italia ... che sorprende !

 

DSCN0728.JPG...

 

DSCN0778.JPGMarge nero & bianco

 

DSCN0811.JPGPortsalut

 

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DSCN0891.JPGAmore sigillato

 

DSCN0825.JPGSplendida cupola del Pantheon per Marge

 

DSCN0888.JPGSigillato su pattumiera ... Hein marge ?!

 

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Bello sfumato


DSCN0706.JPGTrevi

 

DSCN0870.JPGVespaS per Marge

 

DSCN0848.JPGMonstro de la piazza del Popolo

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Lanterna sotto occhio di bue

 

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Mmmmh le buene pastas que che si va a mangiare

 

DSCN0851.JPGVergine e cactus

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 10:46

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- Le Serment des Horaces peint par Jacques-Louis David (1748-1825)

- Huile sur toile monumentale 330cm / 425cm peinte de 1784 à 1785

- Peinture d'histoire exposée  au musée du Louvres à Paris

 

         Ce tableau illustre une scène Antique montrant un homme distibuant des épées à trois soldats.

                     Il s'agit des trois frères Horaces à qui leur père demande la chose suivante : "  Jurez moi que vous défendrez  Rome jusqu'à la mort.", il leur demande ainsi de protéger Rome des champions de la ville d'Elbe : les Curiaces.  Le seul victorieux fut l'un des trois frère, qui à son retour fut maudit pour avoir tué sa soeur qui se lamentait d'avoir perdu son époux albain de sa main. Il fut cependant gracié par le peuple. Bien que l'histoire apparaisse dans les écrits de Plutarque ou Tite-Live, David créa de toute pièce ce serment probablement emprunté à la confrérie des Franc-maçons dont il était membre. Liés par le mariage à leur soeurs respectives, le sacrifice des Horaces et des Curiaces exalte des vertus patriotiques. Le peintre oppose ici l'homme et son sens du devoir et de l'honneur à la femme représentante de la vie et du sentiment. Cette dernière est alors la reine du foyer, elle est une épouse fidèle mais son esprit et ses influences n'ont aucun poid en cette fin XVIII. Le mouvement Rococo qui se plaît à sublimer la chair et la grâce de manière hédoniste commence à devenir désuet et le néo-classicisme de David virilise l'Art.  Récompensé par le prix de Rome comme le sera plus tard son élève Ingres, il séjournera à Rome où il trouvera l'inspiration pour ses sujets antiques. Ainsi choisit-il de représenter l'instantanéité du serment.

 

                       Avec son Serment des Horaces, David rompt définitivement avec les valeurs académiques. Il brise ici les règles habituelles de composition en décentrant les sujets principaux. Sa composition sobre est cependant très recherchée et basée sur une trinité omniprésente. Ainsi les trois frères auxquels le père offre trois épées, et qui tourne le dos à trois femmes éplorées. On compte alors trois groupes de personnages s'inscrivant dans les trois arches de l'arrière-plan. La première association est composée des trois Horaces : les frère  sont positionnés de manière triangulaire. Ils évoquent la force, la stabilité et l'unité de leur groupe, mais aussi celle qui règne dans chacun deux. Au centre, se trouve le père qui, dans un mouvement de recul, distribue les armes. A droite les femmes forment elles aussi une pyramide mais sont dessinées en courbes tandis que les lignes masculines sont tendues. Si David les a réunies ici c'est pour accentuer la peine qu'elles ressentent et l'opposer au sens de l'honneur typiquement masculin.  Le maître a parfaitement respecté la règle des tiers, l'oeil se centre alors sur le "tiers-central" : les mains tendues des Horaces vers les glaives que leur offre leur père, le peintre choisit de mettre l'accent sur le serment prêté. La scène théâtralisée est très solennelle mais comme prise sur le vif. David a en effet choisit trois épées différentes pour souligner le caractère impromptu de la scène et son instantanéité. A l'instar Des Glaneuses de Millet, où les femmes sont placées sous la ligne d'horizon pour indiquer leur pauvreté, la ligne médiane distingue les hommes et leur patriotisme, ils aparaissent élevés, héroïques tandis que les femmes qui les désapprouvent et les subissent sont courbées sous la ligne. La construction de ce tableau évoque la stabilité mais par le fond d'arcades restées dans l'ombre David crée un arrière-plan suggérant d'insondables profondeurs. Les éléments architecturaux donnent un parfait équilibre à la scène qui se déroule dans une villa aristocratique, le dallage horizontale du sol et la verticalité des colonnes s'opposent et renforcent encore cette notion d'équilibre.

                       Les ombres portées révèlent que la lumière vient de gauche et éclaire donc en premier lieu les personnages masculins , cette lumière participe au caractère dramatique de la scène. "Elle est dite Caravagesque, violente, contrastée et instaure de fait un effet théâtral aux scène peintes : on peut la comparer à un projecteur braqué vers les personnages mis en valeur. De plus cette technique étant surtout utilisée dans des oeuvres à sujet religieux, elle confère au Serment des Horaces une dimension plus sacrée." Les couleurs divisent encore les groupes féminins et maculins, les hommes arborent des couleurs vives où le rouge, symbole de force, de virilité, de puissance et d'action, domine. les femmes quand à elles portent des vêtements de couleur  plus ternes évoquant leur langueur, leur tristesse et leur incapacité d'action.

 

                          Le Serment des Horace enchanta aussitôt le public, Diderot lui-même  consacra à l'oeuvre  un article élogieux. Ce tableau s'incrit comme le symbole du néo-classicisme dont David était le chef de file, ce mouvement artistique, sculptural et architectural s'étendit de 1750 à 1830 environ. Contrairement au romantiques les néo-classiques sacrifient la couleur pour la perfection de la ligne et  recherche un idéal en puisant  techniques et sujets chez les Classiques. Le Serment des Horaces devint quelques année après son exposition, le symbole de la Révolution française mais il est peu probable que David l'ait conçu comme un appel à la révolution.  Il permit en tous cas la consécration de David qui devint célèbre. Son admiration  pour Napoléon Ier lui vaudra sa plus grande composition :  Le sacre de Napoléon et aussi l'exil pour le titre de peintre de l'empire sous la Restauration. "Il fut l'un des artistes les plus admirés, enviés et honnis de son temps, autant pour ses engagements politiques que pour ses choix esthétiques. Par le passé, rarement un artiste a épousé à ce point les grandes causes en mêlant intimement art et politique."

 

Le Sacre de Napoléon

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 11:36

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- La Grande Odalisque peinte par Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)

- Nu de dimension moyenne 91cm / 162cm  peint en 1814 et exposé au Musée du Louvre à Paris

- Oeuvre de commande (1813)  par Caroline Murat, soeur de Napoléon Ier et reine de Naples, pour servir de pendant  à La Dormeuse de Naples acquise par son mari, à Rome, en 1809 et non payée à cause de la chute de l'empire mais livrée par Ingres en 1814

- exposée pour la première fois au salon de 1819, (Ingres l'y envoya depuis l'Italie)

 

 

                    Sous nos yeux s'allonge le corps d'une femme nue, une femme de harem désignée par le mot Odalisque du turc Odalik. Cette femme et le décor orientale qui l'entoure suggère un érotisme "Ingresque".

                     Ingres qui a bien connu l'Italie ne connaît rien des terres d'Orient qui ont le vent en poupe depuis les expéditions Napoléoniennes et le fameux journal de Lady Montague qui l'inspira grandement ;  il se plait pourtant à représenter un Orient onirique, où la femme fantasmée y est sensuelle et sensible aux jeux de l'amour contrairement à la femme occidentale qui même dans l'intimité ne dévoile pas sa nudité.  Ainsi expose-t-il son nu lascif aux yeux de ses contemporains. L'Odalisque nous regarde avec ce regard qui semble ivre d'amour et dans l'attente d'un regain de flamme. Il transparaît qu'elle vient juste de quitter un homme qui la satisfaite et en attendre un autre pour combler son insatiable appétit sexuel.

                   Ce corps lascif, qui s'étend sur toute la largeur du tableau, est pourtant abstrait, mais sa déformation est voulue par Ingres qui prèfère volontairement sacrifier la vraisemblance pour la beauté. Il a en effet ajouté trois vertèbres à ce dos offert, l'angle de sa jambe gauche est peu naturel, son sein ne devrait pas apparaitre autant et son bras est définitivement trop long. Ses jambes qui sortent du lit donnent un impression de flottement comme si elle n'était attachée à rien, elle va ainsi de lit en lit avec ses pieds purs dont la voute plantaire n'a pas été altérée par le peintre. Toutes ces imperfections ne font que renforcer l'attitude lascive de cette femme imaginaire. Ingres soumet son modèle à sa manière comme il le fit pour La Baigneuse de Valpinçon, toutes deux sont représentées de dos, selon l'archétype de l'époque. Cependant, elle pose sur le spectateur un regard ambigue, sans pudeur, elle a conscience qu'on l'observe et qu'elle nous rend l'oeuillade. Elle est soumise au bon vouloir de l'homme , et on y voit une langueur coutumière, sans surprise elle regarde les observateurs de sa nudité.

                      Bien que pour Ingres :" La ligne soit la maîtresse et la couleur sa servante", les effets de matière et les oppositions de couleurs sont ici travaillés à la perfection. La gamme chromatique choisie par le peintre est très forte, ainsi le bleu métallique du rideau de soie brodés de fleurs rouges et dorées occupe la partie droite du tableau tandis qu'à l'opposé on y trouve ses complémentaires orangées et lins. L'odalisque est étendue sur un tissus bleu ciel et se détache de la composition par son teint ambré. Les accessoires présent confèrent au tableau une ambiance orientalisante à mi-chemin entre la Chine et le Moyen-Orient. A ses pied un plateau avec fourneau et pipe servant probablement à s'ennivrer d'Opium,  drogue procurant rêves et lenteur ; comme une métaphore de la sensualité de la scène fantasmée. Elle porte un turban brodé qu'elle fait tenir grâce à une broche de perle, le chasse-mouche qu'elle tient est fait de plume de paon, oiseau qui symbolise l'Inde et au premier plan, à la naissance de ses fesses un collier assorti à la broche laisse imaginer qu'il a été enlevé à la hâte, enfin quelques bracelets entourent son poignet droit. Ces multiples accessoires renforcent encore la nudité de cette femme, par leur préciosité et mettent l'accent sur le corps, sujet sans cesse exploré par le maître

          Ingres comme son maître David remporta le prix de Rome et passa dix huit années en Italie où il se passionna pour les peintres de l'Antique comme Raphaël et plus généralement par le Quattrocento. Ingres amoureux de la ligne dira : "une chose bien dessinée est toujours assez bien peinte", il voue également un culte à la musique et au corps féminin, deux passions qui transparaitront toujours dans sa peinture. Dans La Grande Odalisque le peintre réuni toute ses caractéristiques : la perfection formelle, l'extrême minutie, la grande sensualité, les déformations anatomiques et son goût pour les formes géométriques. La pose de l'Odalisque rappelle un tableau de son mâtre David Madame de Récamier. Ce qui démontre la faible créativité de Ingres qui était avant tout un génial technicien. Ainsi retrouve ton dans son ultime tableau, Le Bain Turc, toute les figures qu'il avait déjà travaillé. La Grande Odalisque est une oeuvre de jeunesse, et à cette période Ingres est plutôt mal compris et considéré comme un novateur, La Grande Odalisque sera d'ailleur mal accueillie lors de son exposition au salon de 1819. De opar sa formation académique Ingres était porté à peindre et à dessiner des nus avec exactitude (il fit d'ailleur de nombreuses études préparatoires de nus pour la plupart de ses tableaux, y compris les portrait). Mais dans ses nus l se consacrait davantage à des recherches purement formelles, souvent incomprises de ses contemporains, sans se soucier du rendu réaliste d'une anatomie. Toute sa vie Ingres fera de nombres reprises et les réinterprétations d'une m^me figure (au moins six tableaux pour La Grand Odalisque). On l'a souvent opposé à ses contemporains plus jeunes, les romatiques Delacroix et Géricault, il n'en reste pas moins novateur. L'audace suprême résidait peut-être dans le fait m^me de présenter au Salon de 1819, et dans un tel format, un nu féminin dénué de tout prétexte mythologique ou historique.

 


  Madame de Récamier, David

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 14:05

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- Le Radeau de la Méduse est peint par Théodore Géricault (1781-1824)

- Peinture à l'huile, toile sur bois peinte en 1818-1819

- Oeuvre monumentale de 491cm / 716cm exposée au Musée du Louvres à Paris

- Peinture d'Histoire exposée au Salon de 1819

 

 

               Géricault illustre ici le naufrage de la frégate nommée la Méduse due à l'incompétence de son capitaine. Un évènement qui marqua les esprits de l'époque et dont la presse s'empara avec avidité. Les naufragés construisent un radeau à l'aide de la carcasse du navire, sur cent quarante sept occupants, seuls dix survivront , et  dériveront pendant douze jours avec très peu de vivres et d'eau, on a même rapporté que des lambeaux de chair humaine était restés accrochés aux cordages où on les avaient fait sécher.

                   La critique vit un message politique dans ce tableau, alors que Géricault puisa sa force dans le drame personnel qu'il vivait.  Il venait, en effet, d'engrosser la femme d'un de ses oncle et on avait abandonné l'enfant adultérin, on dit que Géricault aurait vécu cloitré dans son atelier et que son radeau lui aurait servit d'exutoire à sa lâcheté. Géricault était alors en faveur des Bourbons et aurait aimé vendre son tableau à Louis XVIII, mais comme on y vit une provocation, un dédain pour la marine nationale, on bouda l'oeuvre et elle fit surtout scandale auprès du public. Très documentés, Géricault assista au procès, lu tout ce que l'on pouvait trouvé au sujet du naufrage, rencontra le chapentier du radeau qui lui confectionna une maquette et alla même jusqu'à amener jusqu'à son atelier des morceaux de cadavres pour perfectionner la couleur de la carnation de ses personnages. Il loua pour son travail un immense atelier dans lequel il reproduisit le radeau pour un réalisme plus cru.  Dans son humilité et son insatisfaction permanente, Géricault dira au sujet de son radeau : "De la grande peinture cela ! Mais c'est un tableau de chevalet."

         Il choisit pourtant de représenter l'instant qui suivit le naufrage et le moment de la dérive, sujet d'apparence moins spectaculaire mais qui le devint par la manière dont il le traita. La monumentalité de son tableau et sa composition complexe lui confère un certain gigantisme. Cette oeuvre monumentale est génialement composée, deux pyramides guident l'oeil du spectateurs dont le faîte de l'une n'est autre que le mât de fortune et l'autre l'homme noir qui secoue son morceau de tissu. l'oeuvre extrêmement sculpturale se découpe en deux triangles clair-obscur. Une diagonale est tendue depuis le premier corps jusqu'à l'angle du tableau. Au loin quelques petits millimètres laisse entr'apercevoir un navire. Géricault a volontairement choisi un plan très rapproché qui donne au spectateur l'impression qu'il peut monter à bord. Au premier plan, des corps morts se noient, puis un homme assis, laissant reposé sa tête sur sa main semble résigné et songe probablement à la vaste comédie humaine, aux vicissitudes de la vie et à la mort. L'homme noir qui agite son morceau de tissu est au sommet de la pyramide et bien qu'il représente le plus bas de l'échelle sociale, c'est lui qui sauvera l'équipage. Au-delà du fort symbole montrant que les peuples occidentaux aurait perdu cette pulsion de vie des peuples "sauvages", Géricault réalise un plaidoyer pour "l'homme sauvage", "le noir", le "non civilisé". L'entassement des corps qui montre la promiscuité forcée est une puissante métaphore illustrant le fait qu'il sont tous égaux et embarqués sur "le même bateau". On imagine aisément que le radeau de la Méduse venait d'Afrique du Nord, rapportant des esclaves. Lorsque Géricault livra son tableau et le vit pour la première fois hors de son atelier, il découvrit quelques défauts formels. Avec une célérité remarquable, il aurait alors ajouter un cadavre à gauche et un autre en bas à droite. Il avait ainsi, avec ces deux nouveaux cadavres, élargi la base de sa pyramide humaine, stabilisé sa composition et renforcé le caractère monumental du tableau.

          C'est le bitume dont se servira Géricault en sous-couche qui donnera cette teinte sombre au tableau, il utilisera également du vernis mélangé à d'autres produits qui lui conféreront cet aspect doré. Tout ces procédés font que le tableau est aujourd'hui bien plus sombre que lors de sa conception.

          Géricault travailla très longtemps à cette oeuvre, et multiplia les croquis et oeuvres préparatoires, sur certaines d'entre-elles il avait même représenté le cannibalisme que durent pratiquer les naufragés pour survivre puis abandonna l'idée jugée trop choquante. Peintre, sculpteur, graveur on reprocha souvent à Géricault ses lignes imparfaites, il réalisit pourtant avec Le Radeau de la Méduse une prouesse sculpturale avec le galbe impeccable des agonisants, leur expressivité gestuelle et son éclairage Caravagesque. Lui qui à vingt sept ans ne désirait qu'une chose : devenir célèbre, créa une allégorie pathétique de la souffrance humaine. Lui, le romantique, devint le précurseur du réalisme par son refus du détail et sa recherche de l'instantanéité. Depuis ce tableau jusqu'à Manet personne ne donnera ainsi une telle impression de mouvement et de vitesse. Domaine auquel il s'attela durant toute sa courte carrière en peignant ses fameux chevaux qui finirent par le tuer. 

 


 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:50

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- La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix (1798-1863)

- Huile sur toile de grande dimension  :  260cm / 325cm, peinte en 1830

- Présentée au Salon de Paris en 1831, l'oeuvre est transférée du musée du Luxembourg au musée du Louvres, à Paris en 1874

- Elle est exposée depuis 2012 au Louvres-Lens

- Peinture d'Histoire contemporaine du maître


                 L'oeuvre assez imposante représente une scène de barricades pendant la révolution des Trois Glorieuses . Une déesse antique, les seins nus, trône au centre du tableau portant au ciel le drapeau tricolore tandis que des cadavres s'amoncellent et que le peuple parisien l'entoure.

        Les 27, 28, 29 juillet 1830, Paris est prise par une insurrection populaire, s'opposant à la restauration de l'ancien régime par Charles X qui décide de passer outre à la charte édictée par les Bourbons, se proclamant ainsi monarque absolu. Pour expliquer ce tableau controversé, Delacroix écrira :"Si je n'ai pas triomphé pour la patrie, au moins, je peindrai pour elle." Le peintre qui avait tièdement participé à la révolte se représente dans le personnage de l'homme coiffé d'un haut-de-forme. La toile est un singulier mélange de réalisme et de propagande, de rhétorique et d'observation journalistique. Par son aspect allégorique et politique, La Liberté guidant le peuple devient symbole de la démocratie et de la République.

       Au premier plan s'amoncellent les cadavres de l'armée de Charles X. Marchant dessus, le personnage central féminin attire tous les regards. La personnification de la Liberté emprunte autant à la statuaire antique _ drapés, pieds nus, poitrine offerte_ qu'aux représentations de la femme du peuple à la lourde musculature et à la peau hâlée. Heinrich Heine dira à son propos : " une douleur impudente se lit dans ses traits, au total bizarre mélange de Phyrnée, de poissarde et de déesse de la liberté." Elle tient un fusil dans sa main gauche, brandit le drapeau tricolore et porte le bonnet phrygien symbole de la révolution de 1789. La Liberté rassemble autour d'elle toute les catégories sociales et par ce fait accroît encore l'idée qu'elle représente. A droite, l'adolescent au beret, la bouche ouverte sur un cri et tenant deux pistolets visiblement trop lourds pour lui semble avoir inspiré à Victor Hugo le personnage de Gavroche dans ses Misérables écrit en 1862. Un autre enfant portant le bonnet d'un policier s'accroche aux barricades. Comme je l'ai dit plus haut l'homme en haut-de-forme n'est autre que le peintre lui même, qui s'est représenté portant culotte et ceinture d'ouvrier, à sa droite un homme du peuple, certainement un des nombreux ouvriers typographes qui furent les premiers à monter sur les barricades. On distingue également le bicorne d'un polytechnicien. En somme tous se battent ensemble pour la liberté. La composition pyramidale de l'oeuvre lui confère un dynamisme vertigineux et rappelle le fameux Radeau de la Méduse de Gericault peint en 1818. En effet le fusil que tient le personnage en haut-de-forme rejoint la ligne de la hampe du drapeau qui rejoint le pistolet que tient l'adolescent dans la main gauche comme le mât ou le personnage au foulard dans le Radeau de la Méduse. La Liberté qui constitue le faîte de la pyramide  emporte avec elle les insurgés. Au dernier plan, émerge Notre Dame des fumées de la bataille. 

         Bleu, blanc, rouge : au centre du tableau, le drapeau français domine la mêlée. On le voit aussi à l'arrière-plan, un emblème improvisé fait de trois morceaux de tissus liés ensemble et qui flottent au vent. On retrouve même les trois couleurs dans les vêtements du blessé qui lève les yeux vers la Liberté. l'ocre de la robe de la Liberté se confond avec le ciel qui semble en feu. Les figures apparaissent sombres presqu'en clair-obscur mais la Liberté de pied tournant le dos à la lumière du ciel illumine le tout.

         Quand Delacroix livre La Liberté guidant le peuple, il est reconnu comme le chef de file de l'école romantique française. Il rejette l'idéal classique et les canons de l'Art académique de son temps. Réalisée à partir d'esquisses dès septembre 1830, il dira à son sujet :" J'ai entrepris un sujet moderne, une barricade, et si je n'ai pas vaincu pour la patrie, au moins, je peindrai pour elle." L'artiste témoigne ici de la ferveur romantique qui lui fait traduire les évènements révolutionnaires dont il est contemporain. La Liberté guidant le peuple est une oeuvre de jeunesse qui par sa force demeure encore un symbole de liberté. Passionnés par l'Orient, alors en vogue depuis les expéditions d'Egypte mené par Napoléon, le style de Delacroix subit un changement profond, à la suite d'un voyage en Espagne et au Maroc : la connaissance de la peinture de Goya et l'expérience de l'Afrique donnent à sa peinture une intensité dramatique et un dynamisme encore plus marqué, où transparait un érotisme vibrant.Il peindra la Mort de Sardanapale (1827-1828) puis les Femmes d'Alger dans leur appartement (1834). Son oeuvre extrêmement prolifique témoigne d'une grande maîtrise de la couleur et d'un certain gôut pour les sujets inhabituels. Toutes ses oeuvres témoignent de la complète maîtrise d'une extraordinaire gamme de solutions de composition. Delacroix deviendra u personnage essentiel du monde culturel et littéraire avec des écrivains comme Dumas, Baudelaire et sera enfin nommé peintre officiel du second empire. Je terminerai par ces mot du maître :

"Le premier mérite d'un tableau et d'être une fête pour l'oeil."

 

 

 


 

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 16:10

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- Des Glaneuses par Jean-François Millet ( 1814-1875 )

- Huile sur toile de taille moyenne, 82,3cm  /  111cm peinte en 1857

- Scène de genre exposée au musée d'Orsay à Paris et présentée la même année au Salon

 

 

          Ce tableau représente une scène rurale montrant trois glaneuses au travail.

          Outre que Millet provoque l'académisme en choisissant trois paysannes comme héroines, il s'engage politiquement en illustrant un labeur légal, celui du droit de glanage, un droit d'usage sur les productions agricoles mis en place dès le Moyen-âge et qui subsiste encore aujourd'hui. Ce gagne-pain, mal considéré est menacé à l'époque où Millet peint ce tableau. C'est pourtant un sujet d'actualité, Balzac lui-même dans Les Paysans évoquera le sujet avec son régisseur le comte de Moncornet qui conteste le droit de glaner, et Jules Breton lui donnera la réplique avec le rappel des glaneuses en 1859. Selon Gombrich "Il est étrange qu'on ait pu voir là quelque chose de révolutionnaire, mais dans l'art du passé les paysans étaient généralement considérés comme des rustres comiques, tels que les avait peints Bruegel". En effet les Glaneuses ne comportent aucun incident dramatique ou anecdotique. Ce sont tout simplement trois femmes qui travaillent dur dans un champs où la moisson vient d'être faite. Sans misérabilisme, Millet s'est attaché à figurer la morale simple et forte de la vie paysanne, opposée à l'immoralité générale et profane de la ville.

         Au premier plan Millet expose la misère tandis que l'abondance est reléguée à l'arrière plan, Ainsi se place-t-il du côté de la simplicité, du côté de la nature. Une composition dynamique nous présente trois paysannes aux gestes lents et pesants et trois étapes de travail. Millet s'est appliqué à souligner leur charpente trapue et robuste, leur peau tannée. Presque cinématographique, la composition montre en découpant la scène en trois étapes son instantanéité. Si l'on part de la gauche, on peut voir que la glaneuse  a repéré un épi à ramasser, sa voisine encore plus courbée s'apprête à ramasser le sien tandis que la troisième debout mais voûtée joint son épi à sa gerbe. Ces femmes dont on ne voit pas le visage ne semble ni belles ni gracieuses. Rien n'est idyllique dans ce tableau, elles sont juste absorbée par leur dur labeur. Au second plan trois meules abondantes que l'on charge peu à peu dans des charrettes à traction animale s'opposent à la maigreur de leur gerbe et à la difficulté de récolter les restes. Au dernier plan, on distingue les gens de ferme récoltant à genoux , puis deux femmes debout portant de lourdes gerbes, le contre-maître."veillant au grain". Encore plus loin Millet à représenté la ferme, le domaine, certainement les greniers où sera entreposée la récolte. " les glaneuses se détachent fortement sur le fond clair de la plaine ensoleillée. Millet a su donner à ses paysannes une dignité plus authentique que celle de tant de héros académiques. Cette impression d'équilibre tranquille est obtenue par une composition .dont le caractère fortuit n'est qu'apparent. Il y a, dans le geste une sorte d'équilibre monumental, et qui exprime bien ce que la peinture a vu de solennel dans le travail de la moisson."

         Un ocre doré emplit le tableau tandis que des couleurs passées mais vives habillent les femmes. Elles ne portent pas de haillons, les tissus semblent de bonne facture mais ne sont pas précieux, elle portent des vêtements de travail, pratiques et solides et chacune arbore un fichu de couleur différente. Ceci accentue fortement la dynamique picturale du tableau. Pour parfaire le tout, dans le ciel, Millet a pris soin de représenter une nuée d'oiseaux s'apprétant, à l'instar des glaneuses à picorer les restes.

         Alors que la peinture académique s'appliquant à représenter de nobles héros n'est pas encore morte; Millet et d'autres artistes se réunissent à Barbizon, dans la forêt de Fontainebleau pour y interroger la nature d'un oeil neuf. Millet s'attache alors à envisager la figure comme ses amis envisageaient le paysage. C'est Gustave Courbet qui baptisera alors le courant naissant : le réalisme en intitulant du même nom l'exposition qu'il fit dans une baraque à Paris en 1855. Depuis son Vanneur exposé au salon de 1848 et son installation à Barbizon en 1849, Millet explorera les scènes de la vie paysanne avec une vision poétique, suivront L'Angélus (1859) , La tondeuse de moutons (1851) et La Bergère (1864), des peintures qu'il classe dans l'influence du courant réaliste, glorifiant l'esthétique de la paysannerie.Peu à peu il délaisse les seules scènes de travail paysan pour s'intéresser davantage aux ambiances, aux paysages. Alors que les Prussiens envahissent la France, Millet revient avec sa famille à Cherbourg, en 1870 durant un an et demi, avant de revenir à Barbizon. A cette époque il travaille davantage les jeux de lumière, la pénombre et le clair-obscur, signant un travail annonciateur de l'impressionnisme, à travers les tableaux de L'Église de Gréville, Le prieuré de Vauville ou du Bateau de pêche, et même proche du cubisme, avec Le Rocher du Castel.

         Je terminerai par ces mots de Millet :


"C'est le côté humain franchement humain qui me touche." 

 

Jules Romain, Le Rappel des glaneuses, 1859  

    

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L'Eglise de Gréville, Millet (1871-1874)

 

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Le Rocher du Castel Vendon, Jean-François Millet, (1848)

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:15

SABINES

 

Les Sabines  par Jacques-Louis Davis (1748-1825)

- Huile sur toile, format gigantesque de : 385cm / 522cm, huile sur toile

- Peinture d'histoire exposée au musée du Louvres à Paris

 

          David représente ici une scène d'armistice, celle inspirée par Plutarque alors que les Sabines tentent d'établir la paix entre Romains et Sabins.

Cet épisode date de la fondation de Rome soit en 753 avant J.C. Les romains manquaient de femme pour peupler leur cité, les sabines voisines, réputées très belles, se voient alors enlevées par eux. Deux années plus tard, les sabins veulent reconquérirent leurs femmes. Contrairement à Poussin qui avait réalisé L'enlèvement des Sabines, c'est ce moment précis que David a choisi d'illustrer, le moment de suspence, l'instant fatidique où Hersilie, épouse de Romulus, à droite, et fille de Tatius, à gauche, tente de réconcilier les deux peuples. David voulait ainsi prôner la réconciliation des français après la révolution.

          Hersilie, le personnage central s'interpose entre Tatius et Romulus, elle découpe ainsi le tableau en deux, son bras gauche sépare en effet les Romains des Sabins. Presque toute la lumière est concentrée sur celle qui dénouera l'histoire. La composition dynamique, quasi vertigineuse de ce tableau donne au spectateur une impression de vive théâtralité, une architecture sculpturale. Une ligne horizontale découpe la foule de l'arrière-plan, ce dernier  qui nous apparaît d'abord paisible, s'il l'on y regarde de plus près est agité comme une cité en proie aux flammes. David réalise l'essence de l'Art recomposant une fiction basée sur des faits réels. Il entend faire des nus mais avec une certaine pudeur, à la manière Antique. Ainsi le sexe de Tatius est-il caché par son fourreau lui même métaphore implicite du sexe féminin, la lance que Romulus dirige vers Tatius est-elle aussi explicite. Le personnage, soldat des romains à l'extrême droite du tableau, abandonne le champs de bataille rangeant son épée au fourreau. Les femmes qui à la hâte se sont mêlées à la bataille, sont dénudée ou à peine apprêtées. Quand aux hommes ils ne sont protégés que par leur boucliers, armures ou étoles.

           Hersilie, comme je l'ai dit plus haut, figure au centre, à son dos une femme monte sur un petit pilier, soulève son enfant et le montre aux Romains pour leur annoncer que par cette naissance la réconciliation a eut lieu deux ans plus tôt. Une autre vêtue de rouge et portant une couronne de fleur s'agrippe à la jambe de Tatius en signe de supplication. Au pied de Romulus, une femme dévoilant ses seins nus présente sa progéniture et annonce ainsi que les peuples seront à jamais liés par le sang. Une foule de femmes scinde ainsi les armées Romaines et Sabines. Le blanc de la robe d'Hersilie et les touches de couleur vives sur les vêtements des femmes accentuent leur prochaine victoire.

            Le style de David de plus en plus simple et pur s'inspire de l'Antiquité Grecque, il atteint ainsi son objectif : "Je veux faire du Grec pur, je veux ramener l'Art aux principes grecs, je veux  remonter aux grecs."

 

            Suite à la chute de Robespierre, David sera emprisonné en tant qu'activiste politique, il en profitera pour lire les auteurs Antiques et réagiera à la révolution en peignant les Sabines. Ce tableau et celui du Serment des Horace s'inscrivent comme les symboles du néo-classicisme européen, mouvement qui s'étend environ de 1750 à 1830 et qui sacrifiera la couleur pour privilégier la ligne. Les néo-classiques préconisent un retour à la simplicité de l'Antique après le baroque et la frivolité du roccoco des années précedente.  On sait que David avait déjà tenté avec Saint Roch intercédant auprès de la Vierge pour la guérison des pestiférés en 1780 d'échapper au roccoco et au religieux alors ambiant sans grand succés mais que Diderot l'avait salué pour ces deux oeuvres, le serments des Horace et les Sabines. Ingres, amoureux de la ligne, le prendra pour modèle.

          Enfin David signe avec ce tableau magistral une oeuvre révolutionnaire intemporelle. David deviendra par la suite peintre officiel à la cours de Napoléon.

 

L'enlèvement des Sabines par Nicolas Poussin

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 16:04

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    Jean-Auguste-Dominique Ingres né le 29 août  1780 à Montauban et mort le 14 janvier 1867 à Paris ébauche  Le bain Turc vers 1852 et le terminera en 1859.  Tableau rectangulaire à l’origine, ce n'est qu’en 1863 que le peintre lui donne la forme d’un tondo.
 Cette peinture ne fut révélée finalement au grand public qu'en 1905 lors de la Rétrospective Ingres au Salon d'automne. Elle est enfin timidement acheté par le Louvre en 1911 grâce au concours du mécène Maurice Fenaille.
Il s'agit d'une huile sur bois découpée en un tondo de 108 cm sur 108 cm.
C'est une scène de genre imaginée  par l'artiste qui s'est inspiré des lettres de Lady Montague racontant son séjour Ottoman.

    Le bain Turc présente une foule de femmes nues dans un harem. Le peintre, qui ne mit jamais le pied en Orient s'inspira des Lettres d'Orient de Lady Montague et s'enticha d'orientalisme comme nombre de ses contemporains. L'artiste  n'eut besoin d'aucun modèle mais se reporta au croquis et tableaux collectionnés au fil des années. C'est ainsi qu'elle sont toute rassemblées une ultime fois dans son bain turc :  la baigneuse de Valpinçon au premier plan, la figure de la source  ici en danseuse, elle est par ailleurs la seule femme représentée de pied ; la première épouse de Ingres voisine sa seconde femme tandis que celle qui se fait coiffer n'est autre que sa cousine Adèle de Lauréal dont il était secrètement amoureux, à droite de la danseuse on retrouve également Madame de Moitessier. Toutes les femmes dont il avait rêvé figurent ici dans des poses lascives et suggestives. Sans cesse il les avait dessinées et peintes, la plupart du temps seules, sur un lit de repos, ou en nu féminin de dos, assises sur le bord d'un bassin : Témoignage du grand plaisir que l'artiste prit toute sa vie au corps nu féminin. Il les représente avec leur carnation propre, ambrée, noire ou laiteuse.
    Le Bain turc illustre parfaitement les propos de Lady Mary de Montague dans la Description du bains des femme d'Andrinople : « De belles femmes nues dans des poses diverses...les unes conversant , les autres à leur ouvrage, d'autre encore buvant du café ou dégustant un sorbet, et beaucoup étendue nonchalamment, tandis que leurs esclaves (en générale de ravissantes filles de dix-sept ou dix-huit ans) s'occupaient à natter leur chevelure avec fantaisie » . Ce tableau est un éloge aux passions de Ingres : la peinture, la femme et la musique. Des dizaines de femmes turques nues sont assises dans des attitudes variées sur des sofas, dans un intérieur oriental s'organisant autour d'un bassin. Beaucoup de ces baigneuses juste sorties de l'eau s'étirent ou s'assoupissent. D'autres papotent, prennent du café.,, Il est relativement aisé d'imaginer la musique qui règne dans le bain turc : l'odalisque qui joue du luth impose son rythme et les castagnettes de la danseuse s'y accordent. La volonté d'Ingres est d'emmener le spectateur jusqu'à ressentir l'ambiance musicale. Comment rendre visuellement cette musique orientale, envoûtante ? Ingres a recours à un système d'ondes concentriques : diffusion d'une onde rythmique et mélodique.
    Cette composition assemble les figures en deux groupes principaux dans un espace profond mais indéfini. Dans le groupe du premier plan règne le jeu des arabesques aux dépens de l'exactitude anatomique et de l'effet de profondeur. Cependant une grande harmonie se dégage de la composition. Il a aussi donné une lumière froide et tamisée à sa toile, ce qui atténue le modelé des figures et contribue à laisser prédominer la ligne.  Pour Ingres, la ligne était « reine », la couleur sa servante. La pureté des formes et l'harmonie restèrent ses principes directeurs. Si aucun désordre, aucune agitation ne règnent dans le Bain turc malgré l'abondance des corps, c'est parce que le peintre a suivi la règle du « nombre d'or » héritée de l'Antiquité. Son tableau s'orchestre selon un schéma rigoureusement géométrique. De forme rectangulaire à l'origine, ce n'est qu'à, la fin, en 1863, que le peintre lui donnera sa forme ronde et qu'il en fit un « médaillon ».  Ingres dû mûrement penser son format afin que le spectateur se sente un peu voyeur comme s'il observait à travers la lorgnette d'un judas. Tandis que Lady Montagu rapporte que les hammams d'Andrinople  étaient strictement interdit aux homme sous peine de mort , Ingres et ses contemporains ne connaissent les bains communs qu'à travers les auteurs classiques. Dans une étude réalisée par Ingres pour  l'Apothéose d'Homère , une déesse de la Victoire pose sur la tête du poète une couronne de lauriers ; dans le bain turc, l’œuvre de vieillesse, on retrouve son profil et la pureté classique de la ligne des épaules, la jeune fille tenant cette fois-ci un encensoir ou un flacon de parfum : ceci illustre le caractère interchangeable du monde d'Homère et de la Turquie du XIXème siècle. Le système chromatique, lui aussi, construit la perception par divers jeux spatiaux.
Dans sa bordure d'or, qui se reflète sur les peaux et dans les bijoux et chevelures, la peinture apparaît comme une pierre précieuse. Le bleu entoure les femmes du premier plan : nature morte, coussin,drapés. La jarre au loin fait écho aux pots du premier plan. Le rouge, sensuel et ardent, habille et fait valoir l'éclat nacré des nus. La fusion de ces trois couleurs, additionnée de blanc, va constituer l'ambiance grise et mystérieuse qui baigne la scène. Ingres a fait le choix d’accentuer la luminosité sur la femme qui nous tourne le dos. Les quatre femmes très blanches sont aussi illuminées, mais différemment. Le reste du tableau est plus sombre.

    Sous la restauration et le second empire Ingres jouissait d'une réputation de portraitiste auprès des riches et des puissants. Pourtant Ingres voulait se consacrer à l'Art « grand et noble » et jugeait les portrait comme étant indigne de lui. C'est un vieillard qui a peint cet assemblée de jeunes femmes nues. Non sans fierté, Jean-Auguste-Dominique Ingres né en 1780, indique en effet sur son tableau « AETATIS LXXXII », « à l'âge de quatre-vingt deux ans ». quelques années avant sa mort, il ressentait encore selon ses propres dires, « tout le feu d'un homme de trente ans ». Immensément érotique le tableau ne provoqua pas de scandale — contrairement au Déjeuner sur l'herbe  ou à l'Olympia de Manet (1863) car il demeura longtemps dans des collections privées. Mais avec son assemblée de nus, le Bain turc était avant tout une œuvre choquante, tout du moins pour l'époque. Le premier acheteur du tableau — un parent de Napoléon III — le rendit au bout de quelques jours, sa femme le trouvant « peu convenable ». Il est finalement acheté en 1865 par Khalil Bey, un ancien diplomate turc. Ce dernier l’ajouta à sa collection de peintures érotiques, qui contenait notamment L'Origine du monde de Courbet. Pourtant la scène orientale fut rejetée pendant longtemps encore. Au début du siècle lorsque des amateurs d'Art voulurent offrir le Bain turc au Louvre, le conseil du musée déclina l'offre par deux fois. Finalement, ce n'est qu'en 1911, alors que les collections nationales des musées de Munich envisageaient d'acheter le tableau, que le Louvre se décida quand m^me à accepter le chef d’œuvre mal-aimé. Ce tableau ne laissa cependant personne de glace en effet il suscita autant la fascination, par exemple chez Picasso qui reprendra la petite nature morte du premier plan dans ses Demoiselles d'Avignon ou Man Ray qui encrera 2 ouïes sur un nu photographié à la manière de Ingres, que la répulsion. Paul Claudel voyait dans Le Bain turc "une galette d'asticots". L’œuvre se situe dans le courant pictural romantique et néo-classique et s'inscrit dans l'orientalisme alors en vogue. On songe alors à Delacroix et à ses  femmes d'Alger dans leurs appartement, ce même Delacroix qui après voir visité un harem algérien, s'extasia : « un instant de bonheur et d'étrange fascination … Voici la femme comme je l'imagine : non plus jetée dans la vie mais retirée au cœur de celle-ci, là où elle s'accomplit avec le plus de secret, de volupté et d 'émotion ».
Le Bain turc conclue l’œuvre de Ingres y rassemblant toutes les figures qu'ils avait déjà peintes ou bien celle qu'il avait admirée contemplant sa collection de gravure. A la fin de sa vie Ingres crée la toile la oplus érotique de son oeuvre avec cette scène de harem associant le thème du nu et celui de l'Orient. Son œuvre ultime sera son chef d’œuvre et transpire encore l'érotisme.

 

L'Apothéose d'Homère
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Les Demoiselles d'Avignon , par Pablo Picasso
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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 16:54

 

 
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Visage De L'invisible

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Déracinés ...

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Nancy Huston   femme-arbre2

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"C'est l'hiver, les arbres sont en bois"  

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Krishnamurti

  "La beauté inclut évidemment la beauté de la forme; mais sans la beauté intérieure, la simple appréciation sensuelle de cette beauté de la forme mène à la dégradation, à la désintégration. Il n'est de beauté intérieure que lorsqu'on éprouve un amour véritable pour les gens et les choses qui peuplent la terre, cet amour s'accompagne d'un très haut degrè de considération, de prévenance et de patience."

 

kris

" Cette terre est la nôtre, elle n'appartient ni aux communistes, ni ni aux socialistes, ni aux capitalistes; elle est à vous et à moi, prête à nous offrir une vie riche, heureuse, sans conflit. Mais ce sentiment de la richesse de la vie, ce sentiment de bonheur, ce sentiment qui nous souffle : "Cette terre est à nous", ne peut être suscité par la coercition ou par la loi. Il ne peut venir que de l'intérieur, parce que nous aimons la terre et tout ce qui l'habite : voilà ce qu'est cet état de perpétuel apprentissage."

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Jupe virevoltante

et chignon haut placé

 

Je l'ai vu passé

rue de la Gaîté

 

belle

         belle

                  belle

à pleurer

 

Givaudan

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Orchidée du soir

cachant dans son parfum

le blanc de sa fleur

Buson

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Ni sourire

ni larmes

dans cet hibiscus

Ransetsu

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Rampant sur le sol

de la maison déserte

un volubilis

Shiki

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Sur un tas d'ordures

un volubilis a fleuri -

tardifd'automne

Taigi

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Visite au cimetière

le plus jeune enfant

porte le balai

Issa

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Descendant du champs

ruisselant sur eux

l'eau de l'automne

Buson

BULLE NEIGE 

Sous la lune voilée

les fleurs de Kaido

sommeillent

Kikaku

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Si rudement tombe

sur les oeillets

l'averse d'été

Sampû

PONT HIROSHIGE 

Averse d'été -

les moineaux du village

s'accrochent aux herbes

Buson

estampe 

Même au fond des puits

on peut voir les étoiles

Givaudan

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ROUGE

DREAMSELLER by notmystyle 

Ocre rouge, rouge rubis, vermillon, cramoisi, pourpre, sang, carmin, écarlate, lie de vin ... Les nombreux mythes qui évoquent la genèse de la Terre la décrivent de couleur rouge. La science a mis en évidence que le pigment le plus répandu à la surface du globe est l'oxyde de fer qui devient rouge dès qu'il s'altère. Il est donc très probable que le premier continent fut effectivement rouge à l'aube de son Histoire...  

  plagerouge en Chine

La plage rouge de la province de Liaoning en Chine. Les algues de ce marais d'eau salée rougeoient nos mois d'été...

 

Rouge

le rouge de Zao Wou Ki

 

 

l'iris est un coeur...

" Chaque fois qu'un enfant dit : "je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt"  

James Matthew Barrie Peter Pan

 

  Fairies Looking Through A Gothic Arch, John Anster Fitzerald 


"Fées répandez partout la rosée sacrée des champs " 

William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été 

Spirit-of-the-Night--1879

Spirit of the Night, John Atkinson Grimshaw

 

"La bonne grâce est le vrai don des fées; sans elles on ne peut rien, avec elle on peut tout."

Charles Perrault, Cendrillon  

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Les anémones, Maurice Denis


"Le hasard, c'est le déguisement de Dieu pour voyager incognito." 

Saint Exupery