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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 19:41

 

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IDENTIFICATION

 

 

Titre : Mancha Chevalier errant

 

Auteur : CMAX (pseudo de Maximilien Le Roy)

 

Classement parmi les Arts : 9e (Bande dessinée)

 

Éditeur : Futuropolis, maison d'édition du groupe Gallimard

 

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Date de parution : Novembre 2007

 

Isbn : 978-2-7548-0146-1 / Prix de vente : 17,25 €

 

Forme : Dimensions : 30 x 21 x 1 cm / One shot de 114 pages d'inspirations multiples livrées dans un cahier 'excipit' de 4 pages intitulé : De Cervantes à Mancha

 

Techniques : aquarelle et techniques mixtes pour l'excipit

 

Épigraphes :

 

« et la folie suprême n'est-elle pas de voir la vie telle qu'elle est, et non telle qu'elle devrait être ? »

Cervantes, Don Quichotte de la Mancha

 

« Telle est ma quête,

Suivre l'étoile

Peu m'importent mes chances

Peu m'importe le temps

Ou ma désespérance

Et puis lutter toujours

Sans questions ni repos

Se damner

Pour l'or d'un mot d'amour »

Jacques Brel, L'homme de la Mancha, La Quête

 

Dédicaces :

A mes grands-parents

A Jacqueline & Michel

A ton étoile

 

 

PAGES DE DEPART (première page numérotée)

 

 

L'OBJET LIVRE - PARATEXTE

 

 

           Voisinant, sur les tables de librairie, Trois Ombres de Cyril Pedrosa, un album aux allures gothique et Dans la colonie pénitentiaire, une adaptation de la nouvelle de Franz Kafka par Mael ; il était difficile de passer à côté de l'album : Mancha – Chevalier errant de Cmax tant la silhouette du personnage indolemment assise sur un fauteuil de fortune et entourée d'objets hétéroclites invite au regard.

 

           Ce cartonnage d’éditeur de 200 x 285 mm, sur papier mat, de format plus petit qu'un format Bd classique ainsi que l'allocution : « Un récit de CMax » font aussitôt songer à un roman graphique. Pourtant, il s'agit bel et bien d'une bande dessinée avec ses planches, ses lignes de force, découpées en cases rythmées de bulles ou d'onomatopées. Le titre éponyme « Mancha » en police de caractère gras de type 'machine à écrire' et sous-titré « Chevalier errant » est éloquent. On songe aussitôt à Cervantes et son Don Quichotte de la Mancha ou du moins à un personnage idéaliste et flâneur.

 

           La couverture appelle... Le chevalier errant semble inviter le lecteur à ouvrir l'ouvrage. Le traitement de la couleur sur le personnage le fait, évidemment, ressortir, rose, blanc, chocolat comme sa peau sur un fond vert tendre puis soutenu. Mancha apparaît artiste dégingandé, oisif, bohème, pauvrement vêtu mais avec style (il porte dreadlocks, bracelets, foulards et lunettes colorés) et ceint d'un attirail de ferraille puis d'outil du peintre.

A ses pieds, un portrait de femme et des pinceaux qui laisse penser qu'il en est l'auteur, sur un bidon métallique, l'énigmatique mot « DULCINEA », nom du personnage fictif du roman de Miguel Cervantes, Don Quichotte. Mancha, nonchalamment assis sur un fauteuil tout rafistolé se détache d'un fond gribouillé par lui même dans une pose méditative. Il semble blasé. Autour de lui des seaux, un bidon customisé, une vieille moto, un moteur.

 

           Les pages de gardes de couleur chocolat prolonge l'harmonie et souligne la couleur de peau du personnage. Sur la page de faux-titre, ressort une œuvre en filigrane du peintre Mancha. Sa silhouette se dessine dessus comme en contre jour, il tient un pinceau à la main et de la peinture se déverse encore dans le seau, il est en train d'achever son travail, une réalisation qui évoque la peur, la guerre, la souffrance... En exergue, une citation de Cervantès. En regard de la page de départ, plusieurs dédicaces de Cmax dont une référencée Noir Désir : A ton étoile et une strophe d'une chanson de Brel de l'homme de la Mancha, la quête, donnent le ton de cette variation du classique de CERVANTES.


            Cette ouvrage ne comporte pas de quatrième de couverture descriptive mais une superbe planche aquarellée qui ouvre l'horizon sur un coucher de soleil marin et trois pirogues.

 

           Une des particularité de l'ouvrage est son épilogue, un livret de quatre pages de conclusion dans lesquelles l'artiste, Cmax, expose ses influences variées par des techniques qui le sont tout autant : collages, dessins, peinture, schémas, citations, notes de l'auteur, différentes polices de caractère, notes manuscrites...

 

 

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  HISTOIRE EN BULLES

 

 

           Evoluant dans un Mali contemporain, Mancha est un rescapé des massacres entre Hutus et Tutsis au Rwanda. Est-ce depuis ou a-t-il toujours été ainsi? en tous cas il fuit une réalité trop crue pour s'en inventer une toute aussi cruelle. «Heureusement que l'art est là pour supporter la vérité !» dira-t-il. Peintre et poète, il est artiste inadapté, rêveur et un peu fou. Mancha vit dans un monde bien à lui, volontiers cynique à l'instar de Diogène, il fait preuve d'un stoïcisme poétique. Il répondra par exemple à son ami Sancho qui lui suggère de «gagner sa vie» : «Ma mère me l'a déjà donnée, non ? Pourquoi diable perdrais-je mon temps à gagner ma vie ?». Ses échappatoires : peinture, amitié et champignons hallucinogènes ou autres psychotropes.

 

             Toujours un joint aux lèvres, il médite, palabre avec son fidèle ami Sancho ou virevolte en tout sens selon le degrès d'ivresse auquel il est sujet. Ses visions prennent forme tohu bohu si bien qu'il serait aisé de le prendre pour un aliéné. Eternel rêveur, redresseur de torts, il se définit lui-même comme un chevalier errant, défenseur des opprimés.

 

             Quand un jour alors qu'il est en ville avec Sancho il croise le regard d'une femme blanche dans un taxi, le voilà amoureux transi. Il mettra cependant quelque temps avant de déclarer sa flamme, trop de temps, Alonzo Loren dite Dulcinéa est déjà repartie pour Paris. Dès lors il n'a plus qu'une idée en tête, la retrouver.

 

             Il enfourche sa moto et, accompagné de Sancho, affrontera des armées de créatures malfaisantes ou autres monstres terrifiants issus de son imagination. Traversant les mers et les frontières, il part à la rencontre de ses propres chimères...

 

              Les sujets ici traités touchent l'exil, la souffrance liée à la guerre, la difficulté à être différent, la liberté, l'amitié _la vraie, l'amour _un peu et surtout la fantasmagorie, l'onirisme et les paradis artificiels.

 

               Mancha c'est un peu un « road-trip » entre Afrique et Eldorado français, entre réalité crue et imaginaire débridé où Mancha, chevalier errant vit une bohème désenchantée et psychotique.

 

INFLUENCES ET INTERTEXTUALITE

 

 

                 Dans cette évidente variation moderne du Don Quichotte de Cervantes, les multiples influences donnent lieu à une intertextualité immensément riche.

Selon la proximité culturelle que partage le lecteur avec Cmax, il lui est plus ou moins aisé de repérer ces sources d'inspiration.

                  Ainsi rapproche-t-on spontanément Mancha du Mercutio du film Roméo + Juliette de Baz luhrmann joué par Harold Perrineau. Les deux personnages partagent style, couleur de peau, postures et usage de drogue...

 

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Jean-Michel Basquiat 

 

 

    Notre héros peut également être apparentée aux clochards célestes de Kerouac : « Mais tant que l'esprit est en éveil, même si la chair se tourmente captive, l'existence vaut la peine d'être vécue. », le personnage du beatnik transmuant alors son traumatisme en hédonisme. La dégaine de Mancha rime aussi avec celle du philosophe Diogène ou du peintre Jean-Michel Basquiat ; figures déjà intimement liées par une certaine idée de l'anticonformisme, de la contre-culture, d'une liberté à être ...
    Aussi la littérature hallucinée telle que L'herbe du diable et la petite fumée de Castaneda, William Blake ou encore Huxley et ses portes de la perception contribue largement aux fuites psychédéliques de Mancha.

 

    La peinture et les arts graphiques ne sont pas laissés pour compte, on reconnaît ainsi aisément le Guernica de Picasso dans un cauchemar de Mancha(p.26)

 

             On note d'innombrables références aux textes de musiciens tels que :


Jacques Brel : Ne me Quitte pas - « Non, Ne... Laisse-moi devenir l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien, mais ne me jette pas... »

Jef - « Allez, arrête de sangloter comme ça parce qu'une putain t'as claqué dans les mains... Foutons le camp de ce trottoir... »...

J'arrive - « ai-je jamais rien fait d'autre que d'arriver »


Une à Elli Medeiros, un des sex-symbols français des années 1980: « Huhu, Salut... Toi, toi mon toit! »


Damien Saez: à bout de souffle- « On est vivant tant qu'on est inconscient »

...

 

TRAITEMENT GRAPHIQUE


        Le dessin et surtout les couleurs donnent au récit une dimension supplémentaire. Des villages typiques du Mali aux paysages africains, le trait de Cmax en restitue habilement les ambiances suaves et langoureuses grâce à l'usage de tons chauds : chocolat, camel, ocre... Ces tons  font progressivement place à la froideur du bleu et du vert quand les deux compagnons approchent de la France et de sa capitale. La grisaille prend alors place. Les hallucinations de Mancha, revêtent le jaune ou le rouge et se mélangent pour former des visages répugnants tout droit issus de délires psychédéliques. Les cases mêmes d'abord strictement dessinée s'amollissent et singularisent l'état d'ivresse.

        Le personnage stylisé de Mancha ressemble, comme je l'ai dit plus haut, à plusieurs figures connues, le joker de DC comics, le peintre Basquiat ou Mercutio et est au coeur du graphisme de cet album. Ses déambulations successives sont marquées par le port d'un couvre chef différents. Un foulard noue ses cheveux en couverture puis on le voit coiffé d'un chapeau haut de forme décoré d'un as de coeur, un seau l'habille ensuite lorqu'il palabre avec Sancho mais avant tout ses impressionnantes dreadlocks donnent du style au chevalier errant.
        Les rêves cauchemardesques de Mancha se colorent de rouge. Le traumatisme des massacres belliqueux entre Hutus et Tutsi restera à jamais encré de sang qui coule.

         On note une réèlle progression dans l'articulation graphique si bien que la première et la dernière pages  sont marquées par la présence d'un revolver et d'un tir sans visée apparente : « PAW ». L'histoire apparaît ainsi comme enveloppé de violence.

        Cmax a pris le partie de ne réaliser que trois monoplanches qui chaque fois illustrent un voyage : l'un psychédélique où l'on voit Mancha se noyer dans une spirale rouge, un autre est physique : ciel bleu-dur, lignes electriques et avion qui s'envole (Mancha retourne en Afrique) et la dernière représente des monceaux de ferraille dans une casse et l'onomatopée : « BLAM » peut-être voyage vers l'au-delà, Mancha s'est-il donner la mort ?

 

MANCHA, UN CHEVALIER MODERNE

 

 

Voici une bande dessinée qui fait la part belle aux croisement des arts ! Appréhender ainsi à la fois un auteur du XVIIe siècle : Cervantes, des musiciens du XXe, des peintres comme Basquiat, Picasso ou Max Ernst, des philosophes tels que Blake ou Huxley n'était pas pari aisé et pourtant Cmax l'a fait avec brio.
         A ceux que les classiques effraient ou que la chanson à texte ennuie, plongez dans Mancha... Pour ma part il m'a donné envie de lire Don Quichotte et de réécouter les chansons citées.
        Cmax rend également compte de l'intemporalité de l'œuvre d'art au sens large. Un classique ne meurt jamais et si Lanzmann avait réussi son opus armant Roméo et Juliette de flingues Cmax a tout autant modernisé Don Quichotte.
        Le texte est bourré de références et chaque planche est un régal visuel.
        Nul besoin de vous dire que je vous encourage vivement à découvrir cette superbe bande dessinée, comme vous l'avez compris elle m'a conquise.

 

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ANNEXES

 

 

 

A ton étoile, (1996) Noir Désir

Sous la lumière en plein
et dans l'ombre en silence
si tu cherches un abri
Inaccessible
Dis toi qu'il n'est pas loin et qu'on y brille

A ton étoile

Petite sœur de mes nuits
ça m'a manqué tout ça
quand tu sauvais la face
à bien d'autre que moi
sache que je n'oublie rien mais qu'on efface

A ton étoile

Toujours à l'horizon
Des soleils qui s'inclinent
comme on a pas le choix il nous reste le cœur
tu peux cracher même rire, et tu le dois

A ton étoile

A Marcos
A la joie
A la beauté des rêves
A la mélancolie
A l'espoir qui nous tient
A la santé du feu
Et de la flamme
A ton étoile

 

 

 

 

 

La quête - L'homme de la Mancha (1968) - Brel

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.

 

 

" Don Quichotte de la Mancha : un utopiste illuminé qui se projette dans un univers imaginaire en guise de substitut d'un réel qu'il pleure. Un homme en duel permanent."

CMax

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 16:39

2.jpg  Alicia Dujovne Ortiz 

 

  Dora Maar


   Prisonnière du regard

 

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    Prologue avec lumière masquée (premières pages)

 

Le 15 mai 1945, le photographe Brassaï décrivait dans son journal l'une des nombreuses scènes qu'il relatait chaque jour de sa relation avec Picasso.

Ce matin-là, le Malaguène était en veine. La libération de Paris et le printemps arrivaient de concert.  Il venait d'avoir une conversation des plus interréssante avec Malraux, récemment débarqué à Paris avec son béret de résistant, et s'apprêtait à déjeuner avec un grope d'amis au restaurant du coin, Le Catalan, rue Saint-André-des-Arts. Parmis eux, entre autres, se trouvaient deux de ses fidèles, le poète Paul Eluard et la compagne de celui-ci, la fragile et provocante Nusch.

"Une neuvième place encore vide est réservée à Dora Maar [...] Nulle part sa conversation n'atteint son plein régime de drôlerie et de fantaisie comme à table, pendant le repas, entouré d'amis. Il abonde alors en histoires malicieuses, en cancans, en souvenirs, fuse et étincelle de calembours, de paradoxes..."

[...] Dora Marr arrive. Elle est sombre. Elle serre les mains, elle serre les dents sans un mot, sans un sourire. Elle s'assied. Deux minutes ne sont pas écoulées lorsqu'elle se dresse et dit :" J'en ai assez, je ne peux pas rester. Je m'en vais..." Et elle quitte la salle...

"Picasso, qui n'a pas encore eu son chateaubriand, se lève et court après son amie Le départ de Dora fut si brusque qu'il ne put la retenir... Nous continuons à parler, mais le repas est troublé. Ces deux places vides coupent notre appétit... Nush Eluard avec son beau sourire, se penche vers moi et me dit : " Ne nous en faisons pas ! Histoire de femme! "

" Une heure plus tard hirsute, affolé, épouvanté, Picasso réapparaît au Catalan. Je n'ai jamais vu un tel désarroi sur son visage."Paul, viens vite, j'ai besoin de toi..." dit-il à Eluard. Le poète se lève et suit Picasso. Nous n'osons plus quitter la table. Il est déjà quatre heures et nous les attendons toujours. Une éternité. Ni l'un ni l'autre ne reviennent. A cinq heures nous partons."

Trois jour plus tard, le vendredi 18, Brassaï rencontre à nouveau Picasso. Ils se sont donné rendez vous au Café de Flore. Picasso dit soudain :

"Je connais une jeune femme. Elle a eu une dépression. Elle s'est imaginé être une reine... Et pas n'importe quelle reine, mais la reine du Tibet ! Et elle se comporta aussitôt en reine. Elle n'a plus voulu se chausser : une reine marche pieds nus. Elle n'a plus voulu manger : une reine, n'est-ce pas, est au-dessus de ces choses... Et elle a parlé tout le temps d'un duc... "Le duc a fait ceci...", "Le Duc a fait cela..." Mais, quand on lui a parlé de ce duc , elle a parlé de ce duc, elle a répondu :"Il n'est plus duc, il a été nommé comte !"

"Jacques Prévert : C'est merveilleux ! Un duc qui a été nommé comte !

" Picasso : C'est merveilleux et c'est inquiétant. Nous sommes dans la féerie et dans le cauchemar... Où est la frontière entre l'imagination et le délire ?"

Brassaï ajoute dans une note en bas de page : "Cette personne était Dora Maar. Depuis le déjeuner au Catalan, elle souffrait d'une dépression nerveuse."


  ...


'Retrato de Dora Maar'. - PABLO PICASSO -

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Man Ray (1936). Dora Maar

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Dora Maar par Picasso

 

Muse et victime, pas tout à fait innocente, de Pablo Picasso, Dora Maar fait l’objet d’une analyse passionnante dans l’œuvre d’Alicia Dujovne Ortiz : Dora Maar, prisonnière du regard. L’auteur livre une étude psychanalytique de celle que le maestro, du haut de son génie, a manipulé puis abandonné par perversion narcissique.

Né Henriette Théodora Markovitch, elle s’est imposée en tant que photographe auprès des surréalistes. Muse de Man Ray puis compagne du cinéaste Louis Chavance et du non moins torturé Georges Bataille, elle s’entoure d’un cercle d’artistes d’avant-garde et de grands esprits qui ont manifestement bouleversé l’entre-deux-guerres. Maîtresse de Picasso, elle deviendra par la suite La Femme qui pleure aux larmes tranchantes. Après sa rupture avec le peintre, cloîtrée à Ménerbes, elle se réfugiera dans la religion et dans une profonde solitude. Profonde et quasi-mystique, Dora Marr sort enfin de l’ombre.


Dora Maar - Les quais de la Seine
1944
Huile sur toile - 80 x 100 cm

 

 


Dora Maar - Portrait de Pablo Picasso au chapeau noir
1935
Huile sur toile - 61 x 50 cm

 

 

Dora Maar - Paysage et ciel
vers 1960
Huile sur toile - 46 x 55 cm

 

 

Dora Maar - Composition au réveil
1943
Huile sur toile - 81 x 65 cm

 

 

Sans titre, huile sur toile, Dora Maar

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Compostion, gouache, Dora Maar

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Ombres, déviations, torsions, effets de plongée, de contre-plongée, de suspension, de renversement, de chute, liés à l'angoisse de la verticalité, dramatisent, dans l'oeuvre de Dora Maar, la vision du réel. Les critiques, à propos de cette dernière, parlent de gauchissement du regard, caractéristique d'une sorte de baroquisme tragique. Ce gauchissement affecte, non seulement la vision de la ville, oblique, pentue, abyssale, mais aussi celle des êtres qui la hantent. Robert Desnos publie à la même époque Corps et biens, autre manifestation de l'esthétique du naufrage.

 

 

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Assia au masque blanc, 1934, Dora Maar

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Père Ubu, 1936, Dora Maar

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Paris, mendiant aveugle, 1930, Dora Maar

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Paris, sans titre, 1930, Dora Maar

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Silence, 1935-1936, Dora Maar

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...



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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:28

"Il faut du courage, de la hardiesse, de la remise en question, pour tenter malgré les autres d'être heureux."

Albert Camus

 

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"JE est un autre"

Athur Rimbaud

 

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"L'enfer c'est les autres"

Jean-Paul Sartre

 

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:12

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                                    Un nouveau mot :'Tsundoku' :
      -Étymologie : 積む (tsumu, to pile up) + 読 (doku, to read), punning on “積んでおく” (tsundeoku, to leave piled up).
      -Nom : 積ん読 (hiragana つんどく, romaji tsundoku)
      -représentation d'un vice propre aux amateurs de livres
      -Avoir les yeux plus gros que la bibliothèque, en japonais

 

 

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"Tout livre brûlé illumine le monde"

Ralph Waldo Emerson

 

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"Un livre qu'on soutient est un livre qui tombe" 
Rivarol

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"Qui veut se connaître, qu'il ouvre un livre."

Jean Paulhan

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 10:14

elliott-erwitt-1

 

          A l'heure où les couloirs aériens sont bondés par un flot touristique bigarré, il est bon de se rappeler combien étaient importants les ouvrages des premiers explorateurs, voyageurs curieux, littérateurs en quête d'inspiration, reporters ou encore utopistes...
        Le petit essai 'Cent roman-monde' balaie toute cette littérature et en dessine un panorama depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
D'un abord simple, le lecteur navigue 'en cheminant avec Hérodote', en voyageant autour du monde avec Bougainville en partant 'Ailleurs' avec Michaux.
         Le voyage, l'exil, l'aventure y sont également traités afin d'élargir la perception qu'a le lecteur du récit de voyage.
        Ainsi du Cahier d'un retour au pays natal de Césaire en passant par le Bouddha de banlieue de Kureshi, l'auteure, Denise Coussy survole l'immense mer des explorateurs pour l'offrir à des voyageurs immobiles impatients de tourner la page suivante.

> lire la

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:31

 

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Sur la route

 

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Médusa

 

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Le coucou de Némo

 

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trasparence colorée...

 

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Nous, devant un bâteau ivre à plume

 

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2...

 

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touche pas à ma pote !

 

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Pas bête la guêpe !

 

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Hommage à Jean Giono, Acrylique sur toile, 0,54cm / 0.73cm


"Il y a dans ce petit tableau des univers étranges, galactiques parfois. J'y ai vu ce matin, des savanes africaines, un sanglier au poil doré."

Jean Giono

 

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Bleu

 

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Fluo naturel

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Mystères de profundis

 

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effilé de lumière sur fond bleu

 

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Regard de nacre

 

 

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"Le pouvoir est comme la tête de Méduse : celui qui en a vu la figure ne peut plus en détourner son regard, reste fasciné et charmé."

Stefan Zweig


 

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pois, rayures et étoiles...

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moi par toi...

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Ballet aquatique

 

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Fin.


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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:34
  • Ver à soie cherche rime à toit pour s'installer au vert. Toi de chaume ou de tuile s'abstenir. Ref 001
  • Chauve souris propose postiches éclectiques en échange de cours acrobatiques. Ref 002
  • Oiseau lyre sans passion recherche violon d'Ingre urgemment. Ref 003
  • Roi paranoïaque embauche raton laveur soigneux comme goûteur et nettoyeur de bouchée avant dégustation. Haute rémunération. Discrétion exigée.  Ref 004
  • Putois vend cartouche de fragrances capiteuses pour bombe lacrymogène efficaces. Prix à débattre. Ref 015
  • Vieux serpent à sonnette cherche emploi comme hôte d'accueil. Expérimenté et pourvu de nombreux anneaux. Ref 016
  • Agence d'adoption recherche cigogne pour vol en Asie. Experience requise. Ref 005
  • Frégate propose son sac gulaire pour laché de bouteilles en mer. Ref 006
  • Souci troquerait volontiers son patronyme contre teigne. Ref 007
  • Transformiste recherche toute peaux et plumes. Déplacement possible pour récolte de mues.   Ref 008
  • Chat propose ses huit vies restantes à maman thon voulant se débarrasser de sa progéniture. Ref 009
  • Petite bête contrariante mangerait bien mammouth.     Ref 010
  • Thé dansant pour souris Dimanche en 7 - organisé par Miahou au grenier Ref 011
  • Clinique marine recherche d'urgence Poisson chirurgien, références exigées. Ref 012
  • Poisson clown offre ses services pour toute occasions excepté dans un local bocal. Ref 013
  • Saule pleureur mélancolique attend Belle Dame (belladone) pour petite mort. Ref 014
  • Requin marteau et requin scie associés cherche partenaires pour pillage d'épaves en mer du Sud.   Ref 017
  • Pensée noire s'accouplerait volontier avec pensée bleue.   Ref 018
  • Pieuvre orchestre échange ses instruments contre gants de cuisine assortis et multiples. Ref 019
  • Oeil du Tigre organise réunion de Grigri à la salle des fêtes de la patte d'oie pour protester contre la synthétisation. Ref 020
  • Turbot partagerait volontiers son ardeur avec tortue marine afin d'explorer notre mer dans le respect et la complicité. Ref 021
  • Lamantin recherche Sirène pour chants nocturnes et capture de marin dans un souci écologique et libertaire.       Ref 022
  • Lapis-Lazuli, pour cause de perte d'un ami, offre co-voiturage sur gorge délicieuse pour Abou Simbel. Ref 023
  • Lithium échange discographie complète de Nirvana contre celle de Justin Bieber. Ref 024

 

 

Pour répondre à une annonce adressez votre courrier à : 

 

La nature est à nous

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Cedex six O

Naturalia

 

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4ème de couverture de Tout pour l'animal moderne ( mon inspiration)

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 12:43

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       J'avais été  amenée dans cette salle de cours par une dame très douce, Madame M.. Elle enseignait la littérature comme on raconte une histoire à un enfant. Chaque matin, elle s'emparait de moi puis m'amenait à la fenêtre. Depuis ce cadre en bois, elle déversait sur moi une eau délicieuse parfois sucrée, parfois aigre, toujours, elle me revigorait. Ce faisant, elle préparait son cours et je goûtais à sa verve toute volubile ainsi qu'aux cajoleries qu'elle me prodiguait ici et là.
       Les élèves et leur charivari entraient alors, mais leur vacarme cessait vite et ne rompait pas le charme. Et je me cantonnais là, sur le bureau, à ses côtés. Mais ma présence n'était pas vaine, je donnais vie à cette salle terne, et bien souvent Madame M. me désignait afin que j'illustre son propos. Elle disait :
       _ regardez  Acalypha et ses jolies queues de chat, ne vous évoque-t-elle pas quelques calligrammes ou quelqu'autre fantaisies littéraires ?
       J'étais une sorte d'assistante et je tâchais de diffuser ma poésie autant que faire se peut. Au temps des vacances elle m'emmenait chez elle et j'y rencontrait une jungle d'amies : œillets des poètes, belles de jours, Amaryllis ou impatiens …

    Mais un matin, elle ne vint plus.

      Je ne su jamais ce qui lui arriva. Qui s'épancherait sur une plante verte ? Personne ne se soucia plus de moi. Ma soif était telle, que j'en perdit mes queues de chat et que je flétri toute entière. Le mépris que l'on me voua était tel que je demeurai sur ce coin de bureau, sans chaleur ni lumière, sans coquetterie...
      Le remplaçant de Madame M. était un vieux bourru qui, je pense, ne considérait que la vie humaine comme légitime … Il me fallut attendre les vacances de printemps pour qu'une femme de ménage décide enfin de mon sort. Elle me saisi et me posa là, près du container à ordure. Je restai là, cinq longs jours, où la pluie me réhydrata quelque peu mais où j'eus froid, tellement froid...

      Quand, un soir, arriva la jeune fille au sac de plastique vert...

 


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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 14:16

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Ma demeure est le vol. Mon école : le ciel,

 mes latitudes et mes soleils, pluie et Eole.

  Solstice et équinoxe arriment mes envols : 

  préludes du voyage par un bruissement d'ailes,

  je m'élance dès lors radieux vers le dégel.

J'ai vu des pays bleus, des déserts de soleil,

des campagnes humides, des cités étincelantes...

Comme une bouteille au ciel, un message sommeille

enroulé sur ma patte. Une rime éloquente

dont j'ignore le secret ... est-elle providentielle?

Combien d'amour, combien de haine ai-je transporté

depuis mon pigeonnier jusqu'au lointain exil

l'espoir en bandoullière, le voyage comme asile

J'ai aimé sillonner les couloirs embrumés,

les sentiers scintillants que les vagues font danser

Aujourd'hui je suis vieux et si je vole encore

 comme le météore à l'abîme des chemins,

ce n'est que pour mirer ces enfants les humains

chanter, danser, créer et puis pleurer, déclore...

si avides de vie, si habiles à la mort.

 

 


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 13:10

 

 

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       Brève définition de l'esthétique et du crime :


"L'Art est toujours immorale (...) car l'Art poursuit l'émotion." Oscar Wilde

ou
  "le beau et le laid, l’intense et le creux remplacent comme critères le bien et le

 

mal." Nietsche


       L'esthétique désigne communément le "Beau". Mais rien n'est moins commun que cet idiome devenu discipline. C'est au XIXème siècle, tandis que les artistes tels que Baudelaire, Mallarmé ou Rilke prennent à rebour les valeurs du Beau d'alors, que l'esthétique devient une science philosophique s'intérressant à la perception du beau dans la nature ou dans l'Art. La philosophie de l'Art se rapporte aux émotions provoquées par une oeuvre d'Art puis au jugement comme prédication soit _ceci est symbolique / ceci est engagé... et elle s'oppose à l'utile, au fonctionnel. 

 

          Le terme crime quand à lui vient du latin "crimen" qui signifie "l'accusation" ou du bas latin "faute" ou "souillure". Il exprime une rupture par rapport au règles et aux usages d'une communauté du point de vue de la morale, de l'éthique et de la beauté. Cependant l'acte coupable (actus reus) et l'intention coupable (mens rea) sont à distinguer. C'est pourquoi du crime de sang froid au crime passionnel en passant par le crime contre l'humanité, ce terme balaie bien des aspects que nous tâcherons d'explorer d'un point de vue esthétique.3018101689_1_9_0Z0aL0Gj-copie-1.jpg

 

 

           I) Esthétisation du crime dans l'acte d'écrire, de peindre, de photographier ...

 

          Fiction : Littérature et cinéma

 

          - Atmosphère


          A quel moment le crime devient-il esthétique ?

       Cadavre, empreinte, indice, alibi, coupable, victime, scène de crime, police, inspecteur, suspect, complice, pièce à conviction, soupçon, témoins, coup de feu, preuves, mandat de perquisition, loupe et/ou chapeau, archive, laboratoire, mobile, commisariat de police, detective ...

       Tout ce verbiage plonge le récepteur, lecteur ou spectateur, dans une atmosphère : l'esthétique du polar, du roman noir ou du thriller selon... La mise en place d'un décor, d'une ambiance, la peinture de personnages typiques et l'application d'un code sont nécessaires à une immersion totale dans le genre.

       Dans un livre ce seront le rythme, le langage soutenu ou argotique, les décors : est-ce un huis-clos ? une scène urbaine ? rurale ? , est-ce le crépuscule, l'aube ...?, les Flash-back, les mots et l'atmosphère qu'ils confèrent...

       Au cinéma, le son et la lumière primeront. Une certaine tendance au Jazz caractérise de nombreux film noir des années 50 et 60, un air de saxophone ou de piano qu'accompagne un criminel ou bien un enquêteur qui sirotte son scotch ou erre dans la nuit. Ainsi l'illustre Mark Isham en composant un thème sombre et rétro fidèle au Dalhia Noir de Ellroy qu'il accompagne ou encore Miles Davis avec son Ascenseur pour l'Echafaud pour un film de Louis Malle en 1958.

 


  

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          La musique et les sons contribuent grandement à la tension dans un thriller, on le distingue parfaitement dans Psycho de hitchcock. Ce film de 1960, considéré comme un chef d'oeuvre du suspense, doit beaucoup à sa bande originale.

 

 

 

 

          - Procédé de mise en abyme


          C'est à André Gide que l'on doit cette appellation du procédé qui dira dans son journal en 1893 :

 

« J'aime assez qu'en une œuvre d'art on retrouve ainsi transposé, à l'échelle des personnages, le sujet même de cette œuvre par comparaison avec ce procédé du blason qui consiste, dans le premier, à mettre le second en abyme. »

 

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"comme tout genre parvenu à maturité, le roman policier connaît les mises en abîme et les jeux réflexifs. Demouzon, dans Dernière station avant Jérusalem,  inscrit un livre, en abîme, où figure déjà.l'histoire qu’il est en train de raconter; de même, Gardens of love (Marcus Malte); le même Marcus Malte prolonge (et détourne) le grand classique de Hammett dans Le vrai con maltais, puis Maïté Bernard lui emboîte le pas avec Même pas Malte. Jean-Pierre Gattégno, Fred Vargas multiplient les références intertextuelles; et Jean-Bernard Pouy, les contraintes à la manière de l'Oulipo."

 

 

(www.fabula.org/actualites/le-roman-policier-francais-contemporain_61161.php)

 

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exemple de mise en abyme avec Monsieur Al Pacino


          -  Un exutoire pour l'artiste


          Bien souvent l'acte créatif est un exutoire pour l'artiste qui utilise la terreur, frayeur ou angoisse comme thérapie. Ainsi James Ellroy auteur du fameux Dalhia Noir, écrira-t-il La part d'ombre roman mis en scène plus tard par De Palma dans lequel il exulte le meurtre de sa mère en 1958. Le livre raconte la jeunesse de Ellroy qui après la mort de sa mère se retrouve livré à lui même errant dans les rue de Los Angeles, là il se passionnera pour les femmes assassinées et pour le roman noir.

          

 

 

           Pour l'artiste plasticienne Linda Ellia , Mein Kampf devient 'Notre combat". Il ne s'agit pas ici de polar mais bel et bien d'un livre criminel... Elle dira à son sujet : "Lorsque je me suis trouvée en possession du livre d'Adolf Hitler : Mein Kampf,  les doigts me brûlaient. (...) Un soir, l'idée m'est apparue : faire participer un public de tous bords et de toutes conditions, et en faire une œuvre collective. Je découperai chaque page du livre, et la distribuerai à une personne de mon choix ou prise au hasard, et cela pour les 600 pages du livre. Ces 600 intervenants représenteront plus de 6 millions de morts parmi les déportés. Le but est de manifester sur cette page l’émotion qui naîtra en chacun. Ainsi, nous referons le livre.  Il deviendra : « Notre Combat »."

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ATTESTATION D ASSURANCES

 

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          - Un univers contrasté

 

         Les contrastes et les oppositions sont essentiels à la défamilliarisation qui provoque la perte de repère du récepteur et le plonge dans une atmosphère inconfortable. Les contrastes de couleur, d'ambiance ou de registre, de sons, bruit et silence, ombres et lumière ... tout cela amène un certain mystère qui transporte le lecteur ou spectateur dans une bulle noire. Le sang sur la neige, rouge sur blanc est une dissonnance colorée très exploitée dans le polar. Ainsi le combat finale de Kill Bill où l'héroine se bat au sabre avec une japonaise sous la neige laissant apparaître ici et là des gouttes de sang ou les romans de McGrath, Le Garçon dans la neige,  de Henriksen, Du sang sur la Neige, de André Héléna, Neige de Sang ,  de Nele Neuhaus Blanche Neige doit mourir ou encore Le garçon qui dormait sous la neige du maître incontesté  du roman noir, Mankell qui oppose à l'univers parfois sombre des adultes l'imaginaire foisonnant d'un garçon de douze ans. Le Labyrinthe de Pan, lui aussi, met en scène une jeune héroine amatrice de conte de fée avec en toile de fond la guerre d'Espagne... Des personnages purs dans un monde sanguinaire et violent...  

              

Truffaut disait un jour, au sujet de Hitchcok :


 "Hitchcok filme les scènes d'amour comme des scènes de meurtre et les scènes de meurtre comme des scènes d'amour".

 

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          II) Théâtralisation du malfaiteur et de l'enquêteur

 

          - L'enquêteur 

 

     Dans le monde du polar ou du roman noir, les enquêteurs, policiers ou privés sont héros au même titre que  le criminel. Un code est mis en place, une précise hierarchie défini les rôles, une procédure de plus en plus étoffée balise la scène de crime. Depuis l'analyse déductive de Dupin chez Poe en passant par le détective Sherlock Holmes qui dépeint en fond l'Angleterre Victiorienne jusqu'au Kurt Wallander de Mankell ou ce cher Dexter ... photographes, profilers, scientifiques, en bref, enquêteurs de plus en plus spécialisés participent à la théâtralisation de l'enquête. Dexter devient quasiment un artiste quand il place ses fils de laine rouge pour étudier la projections sanguines.

 

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             La série Millénium de Stieg Larson est devenue très vite phénoménale si bien que les lecteurs avides de connaitre la suite faisaient le pied de grue devant les librairies à  chaque parution. Ce thriller que l'on pourrait qualifier de "politique" crée sa tension par une violence accrue, des personnages extrêmement complexes et une intrigue fascinante. les titres : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes ,  La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d'une allumette, La reine du palais des courants d’air sont eux même très accrocheurs ainsi que les couvertures de la collection Acte Noire chez Acte Sud.

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          Le fameux  film-maker, David Fincher reconnu pour son univers sombre et violent s'est d'ailleur attaqué à la réalisation de Millenium, Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes. Après Alien 3, Seven, Fight club ou Panic room, Fincher réussi son nouvel opus et reçoit pour celui-ci de nombreuse distinctions.

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            C'est l'enquêteur qui dans From Hell, donnera le ton. Detective à Scotland Yard, Frederic Abberline prend en chasse Jack l'éventreur meurtrier des prostituées de Whitechapel d'une manière peu orthodoxe. Il fait en effet usage d'opium et d'absinthe pour résoudre les énigmes qui lui sont soumises. C'est dans cette ambiance victorienne, profondément gothique que voyage le spectateur fasciné.

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          -Le Malfaiteur

 

           les malfaiteurs comme nous l'avons vu précédemment comptent des individus de toute sorte, qu'ils soient psychopathes /psychotiques, simple névrosés, victimes d'un concours de circonstances comme notre cher Paul des Demoiselles de Concarneau, mafieux, politiciens véreux ... et tant d'autres. Les tueurs en série demeurent néanmoins des sujets passionnants pour illustrer notre propos. En effet bien souvent esthètes et cultivés ils déploieront leur mise à mort autour d'un thème, on pourrait dire qu'ils s'adonne à leur tâche en "harmonie".


On songe à jean Baptiste Grenouille du parfum de Suskind, être d'une laideur sans nom qui s'emploie au métier fin et délicat de Nez :


"A dater de ce jour, en revanche, il lui semblait savoir enfin qui il était vraiment : en l'occurrence, rien de moins qu'un génie ; et que sa vie avait un sens et un but et une fin et une mission transcendante : celle, en l'occurrence, de révolutionner l'univers des odeurs, pas moins ; et qu'il était le seul au monde à disposer de tous les moyens que cela exigeait : à savoir son nez extraordinairement subtil, sa mémoire phénoménale et, plus important que tout, le parfum pénétrant de cette jeune fille de la rue des Marais, qui contenait comme une formule magique tout ce qui fait une belle et grande odeur, tout ce qui fait un parfum : délicatesse, puissance, durée, diversité, et une beauté irrésistible, effrayante."


ou à  Sweeney Todd de Tim Burton, barbier fou qui utilisera son outil de travail pour exécuter ses victimes afin de recouvrer sa vie. Rouge et cendre, personnages farfelus, gothique absolu et chansons de comédie musicale tout ici est paradoxale et le spectateur en ressort avec une émotion mélangée entre drôlerie et horreur ...

 

 

Hannibal Lecter du Silence des agneaux se délecte des Variations de Golberg du grand Bach depuis sa cellule d'où il s'apprête à s'enfuir, dévorant ses gardiens comme un animal affamé. Delicatesse et sang encore ce contraste ...

 

 

 

           - Quand enquêteur etMalfaiteur se confondent

 

          La psychologie des personnages, l'empathie que peuvent ressentir les enquêteurs vis à vis de ceux qu'ils pourchassent vient souvent troubler le fil de l'histoire et offre une chute détonnante. Les films tels que Fight Club, Shutter Island, Attrape moi si tu peux, Dexter, Mystic River sont autant d'exemples où le récepteur est perdu. Le malfaiteur étant le héros ou bien l'enquêteur pris dans un imbroglio. Dans Fight club la psychologie défaillante du héros schizophrène le poussera à devenir le anti-héro dans le même temps, dans Attrape moi si tu peux, l'usurpateur d'identité excelle tant que l'enquêteur chargé de sa poursuite finit par le prendre en sympathie et va même jusqu'à l'engager comme profiler, Dexter quand à lui joue impunément les deux rôles, l'enquêteur de Shutter Island se trouve pris au piège accusé de folie... 

 

 

 

   
 

...

 

          III) Le crime dans les Arts plastiques


         Le premier crime connu remonte aux temps biblique à Abel et Caïn, la Bible ouvrage immensément symbolique qui fait plus que fasciner depuis plus de deux millénaires a peut être ébauché le genre et bien avant le cinéma ou la production littéraire massive des peintres ont représenté le crime, ils avaient eux aussi leur code, leur violence, leur mystères ...

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Abel et Caïn, Le Titien, entre 1542 et 1544

 

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La Mort de Marat, Jacques Louis David, 1753


Jean-Paul Marat, intellectuel et député Montagnard de la Convention pendant la révolution fut assassiné chez lui le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday, une provinciale révolutionnaire. L'inscription "A Marat, David" qu'on retrouve sur le coffre en bois suggère, par la forme et l'épitaphe, une pierre tombale et  dénote l'hommage que fit David à son ami Marat. Se détachant du fond noir, le corps de Marat est reprèsenté agonisant, la tête enveloppée d'un turban blanc est penchée sur le côté. Sa main droite ballante, tient une plume ; le bras gauche repose sur le rebord d'une planche drappée d'un tissu vert, la main tient une feuille écrite. Le corps est appuyé contre la baignoire que recouvre un drap blanc souillé du sang de Marat ; au pied de la baignoire se trouve un couteau au manche blanc taché de sang.

Avec ce tableau incontestablement néoclassique, David inscrit l'acte révolutionnaire et ce meurtre en particulier dans l'Histoire.

David mêle ici la représentation naturaliste de l'évenement (couteau taché de sang, lettre, cicatrice...) et idéalise le sujet en le dramatisant. David déplie une diagonale lumineuse qui place son sujet tel un Christ agonisant comme après la Passion. Le coffre dédicacé fait lui songer à une pierre tombale ... La mort, le crime et leur imagerie sont bien présents ...

 

57458339-copie-6.jpgPierre-Paul Prudhon, La Justice, la vengeance divine poursuivant le crime, 1808

 

Oeuvre de commande pour le préfet de Seine Frochot pour le tribunal criminel en 1804 (la cours d'assises) du tribunal de Paris.

Les mémoires adressés au préfet, la correspondance avec Constance MAYER, les esquisses préparatoires renseignent sur les projets et les travaux d’avancement de l’oeuvre. Un dessin de 1806 montre un premier projet Thémis et Némésis  auquel renonça l’artiste qui travaillait déjà sur ce projet : La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime qui aboutit en 1808. Prud'hon y associe personnages réels et figures allégoriques dans un éclairage tragique et violent. La facture audacieuse et le sentiment dramatique en font une oeuvre typique du pré-romantisme.

 

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Eugène Philastre, Le corps merveilleux de Galswinthe XIXe

 

"Ce que voyant le roi Chilpéric demanda sa sœur Galswinthe bien qu’il eût déjà plusieurs épouses ; il fit promettre par les ambassadeurs qu’il délaisserait les autres pour peu qu’il méritât d’avoir une femme digne de lui et de souche royale. Le père, accueillant ces promesses, lui envoya sa fille comme il avait fait pour sa précédente avec de grandes richesses, car Galswinthe était plus âgée que Brunehilde. Lorsqu’elle fut arrivée chez le roi Chilpéric, elle fut accueillie avec beaucoup d’honneurs et associée à lui par le mariage. Il éprouvait aussi pour elle un grand amour, car elle avait apporté avec elle de grands trésors. Mais son amour pour Frédégonde qu’il avait eue auparavant comme femme provoqua entre eux un grand différent. Elle avait déjà été convertie à la foi catholique et ointe de chrême. Or comme elle se plaignait constamment au roi d’avoir à supporter des injures et de ne jouir auprès de lui d’aucune considération, elle demanda la permission de rentrer librement dans sa patrie en laissant les trésors qu’elle avait apportés avec elle. Le roi feignant de nier la chose, l’apaisa par de douces paroles. Finalement il la fit égorger par un esclave et on la trouva morte dans son lit. […] Quant au roi, après avoir pleuré la morte, il reprit après quelques jours Frédégonde qu’il épousa […].


57458339-copie-8.jpgAssassinat de Marat ou Charlotte Corday, Baudry, 1860


Cet Assassinat de Marat montre une Corday effarouchée comme une jeune Vierge, rêveuse peut-être. Regrette-t-elle son geste ? Baudry fixe au mur où elle s'appuie une carte de la France. Que signifie-t-elle? Peint en 1860, en plein Second Empire; ce tableau cherche surtout à ne vexer personne. On peut y voir Charlotte Corday comme le symbole de la France victime de la Terreur (d'où la carte), ou comme une pauvre écervelée irresponsable. Mais ce tableau est surtout un hommage de Baudry à David : car il s'agit bien de la même scène, dans un décor identique, avec les mêmes meubles (la petite caisse servant de table, la planche sur la baignoire recouverte d'un drap vert) mais vue sous un autre angle. Seul le couteau n'est pas le même. Et sur ce point Baudry a raison : le rapport de police parle d'un manche en ébène et non en ivoire. 

 

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Le meurtre, Cézanne , 1870

 

"Whisler, apercevant chez Vollard le portrait de Marie Cézanne disait : " si un enfant de dix ans avait dessiné cela sur son ardoise, sa mère, si c'est une bonne mère l'aurait fouétté!" (...)
"La peinture du jeune Cézanne était pétrie d'outrance, de violence et de maladresse agressive presque dépourvue de cette sensualité de pâte qui fait tolérer sinon aimer l'expressionnisme allemand ou de kooning. Ses caractères sont surtout négatifs : un besoin ressassé de déplaire, une agression sans objet, un grotesque sans humour, un érotisme sans plaisir. (…) C’est surtout dans les scènes de meurtre et d’érotisme que Cézanne est à la limite du tolérable. (…) Selon Vollard, Cézanne opposait la peinture “bien couillarde” (la sienne) et celle des “ottres”, de Corot par exemple. (…) Il déchargeait sa violence sexuelle dans sa peinture ; Schapiro a montré comment la nature morte fut le lieu de ce déplacement."


Les couilles de Cézanne, Jean-Claude Lebensztejn, Nouvelles Editions Séguier, 1995

 

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L'assassin menacé, René Magritte, 1927

 

Magritte, grand amateur de fantastique puise son inspiration dans les nouvelles d'Edgar Poe ou dans Fantômas. Il fait naître chez le spectateur des sentiments de malaise devant des situations étranges.L'angoisse est palpable dans son tableau L'Assassin menacé de 1927 où un meurtrier, après avoir assassiné une personne dans sa chambre, écoute la musique d'un phonographe, alors qu'à l'extérieur, des hommes l'attendent, prêts à le capturer.

 

57458339-copie-9.jpgHans Bellmer, la poupée, 1935


Exemple d'Art dit dégénéré.  Cette étiquette qu’apposait les nazis sur tout œuvres et artistes qui ne correspondaient pas aux critères de l’art décrété «officiel» par le régime.

À l'arrivée au pouvoir en Allemagne des nazis en 1933, Hans Bellmer décide de ne plus rien faire qui puisse être utile à l'État.  Il confectionne alors, en 1934, son œuvre la plus connue: La Poupée. Il dira à son sujet “ c'est une “créature artificielle aux multiples potentialités anatomiques”, par celle-ci Bellmer entend découvrir la “mécanique du désir” et démasquer “l'inconscient physique” qui nous gouverne; elle est enfantine, mais également victime de perversions sadiques; ainsi démembrée, violentée, violée, elle correspond au désir de l'artiste de voir la femme accéder “au niveau de sa vocation expérimentale.”

 

30181011689.jpgRêve d'une sadique (1922),Aquarelle et plume (50 x 40)


Otto Dix peint des femmes démembrées, les organes génitaux déchirés après avoir été violées. Tableaux maltraités, tailladés de grands coups de pinceau.

 

57458339-copie-10.jpgThe Golden years, Balthus, 1945


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Big electric chair, Andy Wharol, 1963


Encre sérigraphique et peinture acrylique sur toile, 137,2x185,3 cm Paris, musée national d’art moderne. La chaise éléctrique dans l'attente d'une victime ... 

La peine de mort comme crime et Oui !

 

bbb-copie-11.jpgFace of a Woman, Joel Peter Wilkin, 2013

 

        Né à Brooklyn de père juif et de mère catholique, Witkin est témoin à l'age de six ans d'un accident de voiture prémonitoire de son univers photographique : la tête coupée d'une petite fille roule à ses pieds. Dès l'âge de 16 ans, Witkin prend en photo des monstres. Il étudie la sculpture et obtient une licence de beaux-arts en 1974. Après son installation à Albuquerque, il fait une thèse sur la photographie et enseigne à l'université.

Il commence à exposer en 1969. 

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Tamman Azzam Bleeding Syria, 2012

 

        “L'artiste syrien, actuellement établi à Dubaï, a vécu les sept premiers mois de la révolution dans son pays natal. Après la perte de son atelier, l'artiste se concentre sur les médias numériques tout en faisant des clins d'œil à l'art urbain. Azzam doit sa renommée à une œuvre intitulée Freedom Graffiti (2012), qui reprend Le Baiser de Gustav Klimt en superposant cette évocation puissante de l'amour sur des murs criblés d'un bâtiment à Damas. Cette œuvre fait partie d'une série dans laquelle Azzam s'approprie des images empruntées aux chefs-d'œuvre de l'histoire de l'art occidental qu'il insère dans des photographies de scènes de dévastation prises en Syrie. La série Bon Voyage est un ensemble de collages numériques qui mettent l'accent sur la fragilité des structures politiques tandis que dans Syrian Olympics, les anneaux entrelacés des Jeux olympiques font allusion à l'inaction de la communauté internationale. L'artiste adopte le pochoir, un style iconographique courant dans l'art urbain.”

 

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Une oeuvre de l'artiste israélien Ori Melamed réalisée en janvier 2004 pour protester contre l'installation d'une plasticienne suédoise mettant en scène une kamikaze palestinienne lors d'une exposition à Stockholm. (AFP)

 

 

 

  


- http://www.lintermede.com/exposition-crime-et-chatiment-musee-d-orsay.php

To be continued ...
 
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Visage De L'invisible

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Déracinés ...

imagesCAZKQ4OQ   " La lisière est belle , s'était toujours entendu dire la jeune fille par ses parents, nous avons bien de la chance  de pouvoir admirer la forêt de nos fenêtres mais, point trop n'en faut. Notre vraie vie se déroule dans les prés, les villes, et villages, les églises et écoles, tous ces lieux harmonieusement disposés et cartésiennement surveillés par les diverses instances de l'ordre social, économique, religieux, et politique."                   

Nancy Huston   femme-arbre2

  "Il y a deux sortes d'arbres : les hêtres et les non-hêtre."

 Raymond Queneau

chaignon li rose

" L'harmonie fut ma mère dans la chanson des arbres et c'est parmi les fleurs que j'ai appris à aimer."

 Friedrich Hölderlin

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"C'est l'hiver, les arbres sont en bois"  

Jules Renard  

Krishnamurti

  "La beauté inclut évidemment la beauté de la forme; mais sans la beauté intérieure, la simple appréciation sensuelle de cette beauté de la forme mène à la dégradation, à la désintégration. Il n'est de beauté intérieure que lorsqu'on éprouve un amour véritable pour les gens et les choses qui peuplent la terre, cet amour s'accompagne d'un très haut degrè de considération, de prévenance et de patience."

 

kris

" Cette terre est la nôtre, elle n'appartient ni aux communistes, ni ni aux socialistes, ni aux capitalistes; elle est à vous et à moi, prête à nous offrir une vie riche, heureuse, sans conflit. Mais ce sentiment de la richesse de la vie, ce sentiment de bonheur, ce sentiment qui nous souffle : "Cette terre est à nous", ne peut être suscité par la coercition ou par la loi. Il ne peut venir que de l'intérieur, parce que nous aimons la terre et tout ce qui l'habite : voilà ce qu'est cet état de perpétuel apprentissage."

HaïKuS eStAmPéS

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Jupe virevoltante

et chignon haut placé

 

Je l'ai vu passé

rue de la Gaîté

 

belle

         belle

                  belle

à pleurer

 

Givaudan

estampe japonaise 1

Orchidée du soir

cachant dans son parfum

le blanc de sa fleur

Buson

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Ni sourire

ni larmes

dans cet hibiscus

Ransetsu

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Rampant sur le sol

de la maison déserte

un volubilis

Shiki

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Sur un tas d'ordures

un volubilis a fleuri -

tardifd'automne

Taigi

hokusai1big 

Visite au cimetière

le plus jeune enfant

porte le balai

Issa

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Descendant du champs

ruisselant sur eux

l'eau de l'automne

Buson

BULLE NEIGE 

Sous la lune voilée

les fleurs de Kaido

sommeillent

Kikaku

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Si rudement tombe

sur les oeillets

l'averse d'été

Sampû

PONT HIROSHIGE 

Averse d'été -

les moineaux du village

s'accrochent aux herbes

Buson

estampe 

Même au fond des puits

on peut voir les étoiles

Givaudan

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ROUGE

DREAMSELLER by notmystyle 

Ocre rouge, rouge rubis, vermillon, cramoisi, pourpre, sang, carmin, écarlate, lie de vin ... Les nombreux mythes qui évoquent la genèse de la Terre la décrivent de couleur rouge. La science a mis en évidence que le pigment le plus répandu à la surface du globe est l'oxyde de fer qui devient rouge dès qu'il s'altère. Il est donc très probable que le premier continent fut effectivement rouge à l'aube de son Histoire...  

  plagerouge en Chine

La plage rouge de la province de Liaoning en Chine. Les algues de ce marais d'eau salée rougeoient nos mois d'été...

 

Rouge

le rouge de Zao Wou Ki

 

 

l'iris est un coeur...

" Chaque fois qu'un enfant dit : "je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt"  

James Matthew Barrie Peter Pan

 

  Fairies Looking Through A Gothic Arch, John Anster Fitzerald 


"Fées répandez partout la rosée sacrée des champs " 

William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été 

Spirit-of-the-Night--1879

Spirit of the Night, John Atkinson Grimshaw

 

"La bonne grâce est le vrai don des fées; sans elles on ne peut rien, avec elle on peut tout."

Charles Perrault, Cendrillon  

Les_anemones_1891-copie-1.JPG

Les anémones, Maurice Denis


"Le hasard, c'est le déguisement de Dieu pour voyager incognito." 

Saint Exupery