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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 11:06

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Petite définition :

 

Le mot Bohème apparaît en 1659 pour décrire un personnage marginal, libre penseur et paré d'atours excentriques. En 1844, Balzac donne ses lettres de noblesse à ce terme avec "un prince de la bohème" :

"Ce mot de bohème vous dit tout. La bohème n'a rien et vit de tout ce qu'elle a. L'espérance est sa religion, la foi en soi-même est son code. La charité passe pour être son budget. Tous ces jeunes gens sont plus grands que leur malheur, au-dessous de la fortune mais au dessus du destin."

 Henry Murger publie "scènes de la vie de bohème" en 1848 et ouvre à ce joli mot les portes du langage courant.

Songer à la bohème, c'est fuguer vers un monde haut en couleurs, habité par poètes, peintres, et artistes dépenaillés aux allures de dandy, c'est silloner Montmartre et ses marchands de couleurs, vagabonder sans but et trouver un trésor, c'est sentir le vent léger de la liberté vous envahir ... 

Je vous invite à lire les livres : Bohème de Dan Franck qui vous fait traverser le bâteau lavoir et la ruche et appercevoir la formidable émulation artistique des années folles. Bouquet de bohème de Dorgelès, contemporain des bohémiens du début du XXème.

Un beau livre paru chez Aubanel réjouira aussi les amateurs : Vivre bohème éloge de la liberté

       

rimbaud           

    

                                                                    Ma Bohême

                                                   Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;

                                                   Mon paletot aussi devenait idéal ;

                                                   J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;

                                                   Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

 

                                                   Mon unique culotte avait un large trou.

                                                    _ Petit poucet rêveur, j'égrenais dans ma course

                                                   Des rimes. Mon auberge était à la grande-Ourse.

                                                    _ Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

 

                                                    Et je les écoutais, assis au bord des routes,

                                                    Ces bons soir de septembre où je sentais des gouttes

                                                    De rosées à mon front, comme un vin de vigueur ;

 

                                                     Où rimant au milieu des ombres fantastiques

                                                     Comme des lyres, je titais les élastiques

                                                     De mes souliers bléssés, un pied près de mon coeur !

 

                                                                                                                                         Arthur Rimbaud

 

 

 

Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l'humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C'est là qu'on s'est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue

La bohème, la bohème
Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux

Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d'y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l'hiver

La bohème, la bohème
Ça voulait dire tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie

Souvent il m'arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d'un sein
Du galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
Devant un café-crème
Epuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie
 
 La bohème, la bohème
Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l'air du temps

Quand au hasard des jours
Je m'en vais faire un tour
A mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d'un escalier
Je cherche l'atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts

La bohème, la bohème
On était jeunes, on était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout 

Charles Aznavour

  

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Vivre Bohème des édition aubanel, un délicieux moment à tourner des pages

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 15:31

 

Est-ce la main de Dieu

Est-ce la main de Diable

Qui a tissé le ciel de ce beau matin-là ?

Lui plantant dans le coeur

Un morceau de soleil

Qui se brise sur l'eau

En mille éclats vermeils.

Est-ce la main de Dieu

Est ce la main de Diable

Qui a mis sur la mer

Cet étrange voilier

Qui pareil au serpent

Semble se déplier

Noir et blanc sur l'eau bleue

Que le vent fait danser ?  

 Est-ce Dieu, est-ce Diable
Ou les deux à la fois
Qui, un jour, s'unissant,
Ont fait ce matin-là ?
Est-ce l'un, est-ce l'autre ?
Vraiment, je ne sais pas
Mais, pour tant de beauté,
Merci, et chapeau bas.

Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable
Qui a mis cette rose
Au jardin que voilà ?
Pour quel ardent amour,
Pour quelle noble dame
La rose de velours
Au jardin que voilà ?

Et ces prunes éclatées,
Et tous ces lilas blancs,
Et ces grosselles rouges,
Et ces rires d'enfants,
Et Christine si belle
Sous ses jupons blancs,
Avec, au beau milieu,
L'éclat de ses vingt ans ?

Est-ce Dieu, est-ce Diable
Ou les deux à la fois
Qui, un jour, s'unissant,
Ont fait ce printemps-là ?
Est-ce l'un, est-ce l'autre ?
Vraiment, je ne sais pas
Mais pour tant de beauté,
Merci, et chapeau bas !

Le voilier qui s'enfuit,
La rose que voilà
Et ces fleurs et ces fruits
Et nos larmes de joie...
Qui a pu nous offrir
Toutes ces beautés-là ?
Cueillons-les sans rien dire.
Va, c'est pour toi et moi !

Est-ce la main de Dieu
Et celle du Malin
Qui, un jour, s'unissant,
Ont croisé nos chemins ?
Est-ce l'un, est-ce l'autre ?
Vraiment, je ne sais pas
Mais pour cet amour-là
Merci, et chapeau bas !

Mais pour toi et pour moi
Merci, et chapeau bas !...

 

 

 

Barbara, petit mot de 3 syllabes aux 3 voyelles semblables qui évoque dans le même temps "Barabas le juif" gracié par Ponce Pilate , la talentueuse Barbara Streisand, le corsaire ottoman Barberousse, le titre des Sex gang children, Barbarossa, le meurtrier Barbe bleue de Perrault... Tout autant d'image anticonformistes et révoltée qui bien sur finissent par nous emmener dans le joli monde de BARBARA la grande qui se croyait petite, la belle qui se croyait laide...

 

2213602743Tout ce prélude pour dire que je savoure la lecture des ses mémoires inachevée : Il était un piano noir...,bien évidemment écrit dans une prose délicate qu'elle seule pouvait faire naître. Elle se raconte, discrète et retrace les douceurs de sa Granny, les voyages de la guerre, ses émotions enfantines, sa Musique...

Je me défend du fanatisme mais mon admiration est telle qu'il me faut toujours rendre hommage à  cette longue dame brune qui fit et fait et fera rêver bien des âmes ...

 

Bibliographie non exhaustive pour les amateurs

 

il_etait_un_piano_noir_-_Barbara.jpg41J7Z2RNVGL SL500 AA300210d3d81e223cd14.jpg     9782746710368-copie-1.gif

 

Il était un piano noir... Barbara (livre de poche) "Dans ce monde j'étais pianiste chantante"

Barbara, claire de nuit jérôme Garcin : "Un jour d'été, Barbara se prit d'affection pour un petit garçon de six ans. C'était Gabriel, le fils de Jérôme Garcin..."(folio)

Barbara, Marie Chaix : "Vous avez un moment ? Venez donc chez moi ! J'ai une robe qui ira très bien avec vos sandales..." voici comment Barbara rencontra Marie Chaix qui sera son assistante pendant 4 ans avant de se tourner vers l'écriture (Libella Maren Sell)

Barbara la chanteuse et le photographe Marcel Imsand "Marcel Imsand est le photographe de Barbara. A croire, vraiment qu'il inventa pour elle le noir et blanc."(autrement)

 

Un joli site lui est consacré : http://www.passion-barbara.net

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 14:31

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JOUEUSE est un film franco-allemand réalisé par Caroline Bottaro sorti en 2009. Il relate l'histoire d'Hélène (Sandrinne Bonnaire), une femme simple et brimée par son quotidien de femme de ménage, de mère de famille et d'épouse. Alors qu'elle fait son service, elle surprend une partie d'échec en cours, s'y interresse... Les échecs vont transformer sa vie si bien qu'elle en reconsidèrera tout les rouages...

 

A l'intar du joueur d'échecs de Zweig Joueuse traite du processus mental que demande ce jeu et par extension des portes qu'il ouvre (voir Huxley et ses portes de la perceptions).

 

Ce film invite à réfléchir sur la mécanique de notre cerveau et aux moyens de le développer. Parfois laissé en léthargie nous ne sollicitons plus notre esprit ou notre force créatrice, nous oublions volontier l'enthousiasme de notre adolescence pour se laisser aller au quotidien. Toute les possibilités que nous entrevoyions alors nous semble idéalistes ou fantasques alors qu'en chacun de nous vibre un son qui nous est propre et que nous devons faire chanter...

 

Amateurs de révolution interieure bon visionnage...

 

 

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Visage De L'invisible

  • : Biz'Art
  • : " Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui même, et le plus étonnant est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles." Julien Green, Journal
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Déracinés ...

imagesCAZKQ4OQ   " La lisière est belle , s'était toujours entendu dire la jeune fille par ses parents, nous avons bien de la chance  de pouvoir admirer la forêt de nos fenêtres mais, point trop n'en faut. Notre vraie vie se déroule dans les prés, les villes, et villages, les églises et écoles, tous ces lieux harmonieusement disposés et cartésiennement surveillés par les diverses instances de l'ordre social, économique, religieux, et politique."                   

Nancy Huston   femme-arbre2

  "Il y a deux sortes d'arbres : les hêtres et les non-hêtre."

 Raymond Queneau

chaignon li rose

" L'harmonie fut ma mère dans la chanson des arbres et c'est parmi les fleurs que j'ai appris à aimer."

 Friedrich Hölderlin

imagesCAL7CPWN

"C'est l'hiver, les arbres sont en bois"  

Jules Renard  

Krishnamurti

  "La beauté inclut évidemment la beauté de la forme; mais sans la beauté intérieure, la simple appréciation sensuelle de cette beauté de la forme mène à la dégradation, à la désintégration. Il n'est de beauté intérieure que lorsqu'on éprouve un amour véritable pour les gens et les choses qui peuplent la terre, cet amour s'accompagne d'un très haut degrè de considération, de prévenance et de patience."

 

kris

" Cette terre est la nôtre, elle n'appartient ni aux communistes, ni ni aux socialistes, ni aux capitalistes; elle est à vous et à moi, prête à nous offrir une vie riche, heureuse, sans conflit. Mais ce sentiment de la richesse de la vie, ce sentiment de bonheur, ce sentiment qui nous souffle : "Cette terre est à nous", ne peut être suscité par la coercition ou par la loi. Il ne peut venir que de l'intérieur, parce que nous aimons la terre et tout ce qui l'habite : voilà ce qu'est cet état de perpétuel apprentissage."

HaïKuS eStAmPéS

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Jupe virevoltante

et chignon haut placé

 

Je l'ai vu passé

rue de la Gaîté

 

belle

         belle

                  belle

à pleurer

 

Givaudan

estampe japonaise 1

Orchidée du soir

cachant dans son parfum

le blanc de sa fleur

Buson

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Ni sourire

ni larmes

dans cet hibiscus

Ransetsu

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Rampant sur le sol

de la maison déserte

un volubilis

Shiki

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Sur un tas d'ordures

un volubilis a fleuri -

tardifd'automne

Taigi

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Visite au cimetière

le plus jeune enfant

porte le balai

Issa

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Descendant du champs

ruisselant sur eux

l'eau de l'automne

Buson

BULLE NEIGE 

Sous la lune voilée

les fleurs de Kaido

sommeillent

Kikaku

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Si rudement tombe

sur les oeillets

l'averse d'été

Sampû

PONT HIROSHIGE 

Averse d'été -

les moineaux du village

s'accrochent aux herbes

Buson

estampe 

Même au fond des puits

on peut voir les étoiles

Givaudan

imagesCAMGE2VO

ROUGE

DREAMSELLER by notmystyle 

Ocre rouge, rouge rubis, vermillon, cramoisi, pourpre, sang, carmin, écarlate, lie de vin ... Les nombreux mythes qui évoquent la genèse de la Terre la décrivent de couleur rouge. La science a mis en évidence que le pigment le plus répandu à la surface du globe est l'oxyde de fer qui devient rouge dès qu'il s'altère. Il est donc très probable que le premier continent fut effectivement rouge à l'aube de son Histoire...  

  plagerouge en Chine

La plage rouge de la province de Liaoning en Chine. Les algues de ce marais d'eau salée rougeoient nos mois d'été...

 

Rouge

le rouge de Zao Wou Ki

 

 

l'iris est un coeur...

" Chaque fois qu'un enfant dit : "je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt"  

James Matthew Barrie Peter Pan

 

  Fairies Looking Through A Gothic Arch, John Anster Fitzerald 


"Fées répandez partout la rosée sacrée des champs " 

William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été 

Spirit-of-the-Night--1879

Spirit of the Night, John Atkinson Grimshaw

 

"La bonne grâce est le vrai don des fées; sans elles on ne peut rien, avec elle on peut tout."

Charles Perrault, Cendrillon  

Les_anemones_1891-copie-1.JPG

Les anémones, Maurice Denis


"Le hasard, c'est le déguisement de Dieu pour voyager incognito." 

Saint Exupery