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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:04
 
Walls de Apparat, un p'tit bijou electro mélanco qui vous donnera un frisson progressif.
 
apparat-walls.jpg
 "Voici la preuve vivante que les allemands ne sont pas les maîtres sur Terre uniquement en matière de minimale. L’électronica organique de « Walls » est là pour rentrer les mauvaises langues dans leur bouche.

En 1997, Sascha Ring s’installe à Berlin, véritable marmite électronique, et fonde deux ans plus tard le label désormais incontournable Shitkatapult. Le nom « Apparat » court alors sur toutes les lèvres, et chacun de ses maxis est un mini-évènement. L’année dernière sort le mélange tant attendu « Orchestra of bubbles » avec son amie Ellen Allien, joli succès qui réconcilie la pop et la minimale et qui annonce en quelque sorte une certaine maturité chez ce producteur et une volonté de se démarquer.

Le disque ne souffre d’aucun écart fatal et a tout l’air d’un tableau coloré, à l’image du visuel de la pochette où s’entrelacent des formes abstraites et bariolées. Apparat prête sa voix, au passage très émouvante, sur trois titres dotés de sublimes instrumentaux empruntés au trip hop et aux ambiances minimales. Les arrangements de cordes se mélangent aux voix des invités, notamment celle du confirmé Raz Ohara, pour sculpter un tout riche et désarmant qui révèle sa vraie beauté intérieure au fil des écoutes.

Entre pop futuriste et electronica, impossible de passer à côté de cet album qui restera dans le haut du tableau pour 2007, quelque soient les prochaines sorties…"

Publié dans Chronique
 
 
Dirty bomb de Filastine une perle electro-world-beat hétéroclite à la note voyageuse ...
" On ne va pas refaire un Laïus sur Filastine, musicien atypico-alter-mondialisto-activiste. Perturbateur de G8, concert politique dans les rues de Tokyo, chef d'orchestre pour percussionnistes dans la plupart des pays d'Amérique du sud... Mr Filas a retourné autant de sound-systems que foulé de contrées avec ses petons. Mais depuis peu, et grâce à Jarring Effect, on avait pu découvrir sur disque la facette musicale du bonhomme, avec son album Burn It, sublime voyage aux quatre coins du monde. Il faut dire que le musicien avait une forte tendance à noyer toutes les réminiscences world glanées aux grés de ses voyages dans les attaques électre-hiphop-noise du plus bel effet. 
Accoucher d'un successeur à Burn It n'a point du se faire sans douleur, tant le danger de la redite (aussi bonne soit-elle) était présent. Certes, ce Dirty Bomb est toujours le reflet d'une musique qui a bourlingué sous toutes les latitudes. Mais Filastine semble aussi avoir posé durablement ses valises en Angleterre, tant le disque transpire le Hip-hop et la bonne Wobble-Bass, qui secouent les caves des Fish&Chips depuis quelques temps.

 Et c'est par un énorme Singularities que débute le disque, hachant un vieux sample de cordes sur un lit de percussions affolées et autres effets noisy, à faire pâlir tout amateur de vinyles dépecés. Tous les sons s'empilent les uns sur les autres pour former une danse qui rappellerait presque celle d'un bandonéon rachitique, drogué jusqu'à la moelle. C'est superbe, dans la lignée direct du précédent album, ça tape, ça prend le cœur, ça vous file la frousse tout en vous donnant envie de bouger comme un con.

Fitnah assurera la première incursion vocale du disque, après une longue intro opaque habitée par un semblant de theremin, grâce à Mademoiselle Jessika Skeletalia Kenney, distillant ses mélopées orientales sur des vrombissements dubstep du plus bel effet.  Un peu plus loin les excavations World de Filastine s'attaqueront au Flamenco sur The Sinking Ship, avec cette guitare en mode virtuose dynamitée par des soubresauts électro-flingués secs comme la mort.

Mais ce n'est pas qu'en jouant / torturant avec les sonorités du monde entier que Filastine s'évertue à donner un caractère universel à sa musique. Le musicien, qui ne veut pas limiter le Hip-hop à quelques invités venus des Usa, a l'excellente idée de proposer ses compostions aux flows de Mc Australien, Japonais, Anglais, Sud-américain ou Français... On tient d'ailleurs le tube du disque avec Hungry Ghosts, réunissant le Japonais EDC et l'australien Wire Mc. Aillant déjà le mérite de mettre en avant deux nations plus que sous exploitées par le Hiphop mondial, le morceau se paye une ligne de basse affolante, avec une mélodie saturée qui tuera toute nuque un tant soit peu sensible au genre. Wire se démènera sur un lit Grime âpre et explosé, avant que le morceau se transforme en bombe dancefloor avec handclaps imparables, les attaques verbales du Nippon se retrouvant ensevelies sous les coups de buttoir de Filastine. On retiendra aussi le très bon Grime / Dubstep de No Lock No Key, qui n'aurait pas fait tache sur le dernier album de The Bug. Mais c'est B'talla qui refera méchamment tressauter nos tympans, Rabah s'arrachant sur une instrue ultra saccadée et bouffée par les bugs.

C'est clairement ce coté électronique mâtiné de dubstep et autres facettes
Filastine²
vrombissantes qui se démarque par rapport à la précédente galette de notre globe-trotteur favoris. Ca gronde, ça grince, ça explose constamment, exploitant moins les sonorités ethniques pour se focaliser sur une matière première plus dure et frontale. Certains morceaux, strictement électroniques et instrumentaux, iront dans ce sens, comme le sauvage Bitrate Sneers, le dubstep lézardé de scratchs de Desordenador ou l'electro-noise sauvage de Marxa. Les réminiscences orientales sont toujours présentes, mais se retrouvent dérouillées par un rouleau compresseur, là où elles pouvaient servir auparavant de fondations.

The road

La conclusion prendra le contre-pied du paragraphe ci-dessus, en nous balançant un  morceau colossal, proche de certaines expérimentations du dernier Von Magnet, où le chant gitan de La Peria se retrouve mêlé à des paraboles expérimentales, pour un mélange à vous raidir la gueule pour dix jours. Absolument sublime, bien que bref, Como Fugitivos vous arrache le cœur pour vous le faire bouffer manu-militari avant de vous terminer à coup de pelle dans la tronche.

Sans égaler l'énorme Burn It, clairement plus inclassable que ce nouvel essai,  Dirty Bomb continue avec brio son travail de sape au combien nécessaire : Celui de considérer la terre comme un seul pays, abolissant les frontières sonores pour plonger les éléments les plus traditionnels avec les excursions les plus synthétiques, sans jamais sonner comme une compilation pour globe-trotter du dimanche. Filastine aime le monde et ses hasards, il les défend, il les sublimes et veut surtout les porter aux oreilles du plus grand nombre en les mâtinant de sa patte dérouillée et aventureuse, toujours au bord de l'explosion.

Beaucoup plus frontal et rude que son prédécesseur, Dirty Bomb se pose en parfait miroir d'un monde où le soleil, entre les immeubles, se fait de plus en plus rachitique.  Continuer à arpenter la route et en glaner ses richesses musicales, avant que tout soit recouvert de cendres. Trop rare dans nos oreilles, donc essentiel.

Filastine revient avec un album plus âpre, plus frontal, qui concasse toujours sauvagement les richesses d'un monde en déliquescence. "

Publié dans Krinein magazine 

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" Cette terre est la nôtre, elle n'appartient ni aux communistes, ni ni aux socialistes, ni aux capitalistes; elle est à vous et à moi, prête à nous offrir une vie riche, heureuse, sans conflit. Mais ce sentiment de la richesse de la vie, ce sentiment de bonheur, ce sentiment qui nous souffle : "Cette terre est à nous", ne peut être suscité par la coercition ou par la loi. Il ne peut venir que de l'intérieur, parce que nous aimons la terre et tout ce qui l'habite : voilà ce qu'est cet état de perpétuel apprentissage."

HaïKuS eStAmPéS

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Jupe virevoltante

et chignon haut placé

 

Je l'ai vu passé

rue de la Gaîté

 

belle

         belle

                  belle

à pleurer

 

Givaudan

estampe japonaise 1

Orchidée du soir

cachant dans son parfum

le blanc de sa fleur

Buson

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Ni sourire

ni larmes

dans cet hibiscus

Ransetsu

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Rampant sur le sol

de la maison déserte

un volubilis

Shiki

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Sur un tas d'ordures

un volubilis a fleuri -

tardifd'automne

Taigi

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Visite au cimetière

le plus jeune enfant

porte le balai

Issa

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Descendant du champs

ruisselant sur eux

l'eau de l'automne

Buson

BULLE NEIGE 

Sous la lune voilée

les fleurs de Kaido

sommeillent

Kikaku

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Si rudement tombe

sur les oeillets

l'averse d'été

Sampû

PONT HIROSHIGE 

Averse d'été -

les moineaux du village

s'accrochent aux herbes

Buson

estampe 

Même au fond des puits

on peut voir les étoiles

Givaudan

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ROUGE

DREAMSELLER by notmystyle 

Ocre rouge, rouge rubis, vermillon, cramoisi, pourpre, sang, carmin, écarlate, lie de vin ... Les nombreux mythes qui évoquent la genèse de la Terre la décrivent de couleur rouge. La science a mis en évidence que le pigment le plus répandu à la surface du globe est l'oxyde de fer qui devient rouge dès qu'il s'altère. Il est donc très probable que le premier continent fut effectivement rouge à l'aube de son Histoire...  

  plagerouge en Chine

La plage rouge de la province de Liaoning en Chine. Les algues de ce marais d'eau salée rougeoient nos mois d'été...

 

Rouge

le rouge de Zao Wou Ki

 

 

l'iris est un coeur...

" Chaque fois qu'un enfant dit : "je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt"  

James Matthew Barrie Peter Pan

 

  Fairies Looking Through A Gothic Arch, John Anster Fitzerald 


"Fées répandez partout la rosée sacrée des champs " 

William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été 

Spirit-of-the-Night--1879

Spirit of the Night, John Atkinson Grimshaw

 

"La bonne grâce est le vrai don des fées; sans elles on ne peut rien, avec elle on peut tout."

Charles Perrault, Cendrillon  

Les_anemones_1891-copie-1.JPG

Les anémones, Maurice Denis


"Le hasard, c'est le déguisement de Dieu pour voyager incognito." 

Saint Exupery