Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 11:17

 

Brève .1 * Quelles sont ces alarmes bigarrées qui chevauchent dans sa tête ? L'armoire de son cerveau, pourtant si pleine, est renversée, désordonnée si bien qu'elle tâte comme une funambule son fil. Elle a peur que sa raison ne se soit détachée de son corps et logée ailleurs. Comme si le grimaçant monde se riait d'elle. Comme si veule et seule, elle se faisait coulure devant la disgrâce. Psychose trop longtemps animée. Elle avait un jour acheté une carte postale Place des Vosges, un carton rouge et noir sur lequel le mot 'Crire' bondissait. C'est ce qu'elle voulait à cette heure crire, griffer le papier jusqu'à saigner d'encre noire. Ne pas compter les mots ni faire de style, ne pas craindre la mièvrerie, elle écrivait pour les elles, et se devait de ne plus affecter de pudeur à ses sois. Pourtant elle relisait chaque ligne et y scrutait de la poésie n'y trouvant que besoin elle se laisser de nouveau aller.

PSYCHOSE [-koz] n.f. 1. Affection mentale caractérisée par une altération profonde de la personnalité et des fonctions intellectuelles, et par le fait que le sujet n'a pas conscience de son état.
- Larousse

NÉVROSE n.f. (du gr. neuron, nerf). Affection psychique perturbant peu la personnalité et la vie sociale, et dont le sujet est conscient.
- Larousse

JE . affectée mentalement par la première, la seconde lui offrant psychiquement la conscience...

 

Ne plus parler, jamais. Encrer ne plus ancrer. Ne se livrer qu'à soi ou à son soi amoureux …

Se fermer à la malveillance... Cesser de souffrir, arrêter, trancher, dire, rétorquer... Non, se taire ! Terrer son intimité. Accueillir la pudeur. Changer...

__

 

Brève . 2 * Poésie, ivresse et patchouli, elle était tout ça et bien souvent, elle aurait volontiers troqué cet attirail contre fable noire, sommeil et opium. Sa difficulté à vivre n'existait pas dans l'isolement mais alors que les vautours d'autour levaient le voile sur son sein. Ce sein rond et replet devenait alors formidable et mou puis discret et ineffable. Ainsi allait et venait-elle sur le fil de la vie, comme une funambule sans équilibre, comme un chat sans moustache. Atroce mangeuse, gourmande insatiable, mante religieuse, pythie du Diable, elle se délectait du sentiment. Oui c'était bien ce saisissement dont elle se repaissait, repassant dans son esprits mille fois les odeurs hormonales. Dévoreuse de blanche blandice, c'est cet attrait électrique qui la perdait. Cette émotion physique, énergétique qui passait entre les êtres animaux. Victime pourtant de cette assuétude, elle avait décidé de ne plus se confondre en émotion. Ne plus s'ébranler jamais que pour l'Amour . Pourquoi cherchait-elle qu'on l'adule au point de se pâmer ? Sans doute trop nourrie de littérature et de cinéma s'était-elle inventé un besoin qui présentement l'aliénait. Il lui fallait une méthode, un stratagème, un moyen de se débarrasser de ces engouement vains. La thérapie lui avait toujours fait peur, elle avait toujours craint qu'un hurluberlu ne la transforme comme Gepetto son Pinocchio, l'hypnose peut être... non ! la métamorphose n'opérerait que consciemment et douloureusement.

__

 

Brève . 3 * emballement fugace...

 

__

 

Brève . 4 * Une machine à suicide ou un tueur embusqué seraient pratiques.

 

__

 

Brève . 5 * Un couloir blanc. De longues virgules l'arpentent tandis que défile un paysage en clair-obscur depuis la berline déglinguée. Jazz, filles perdues, alcool et herbe s'égrènent sur la route tandis qu'éclate la littérature des clochards célestes...

__

Brève.6 * Automatiques écritures qui plient l'ennui. Ennui né de lui-même. Ennui ravageur qui cloque et claudique. Tic tac, seconde, temps fuyant que je dis ne pas compter et qui me compte. Course folle qui m'emmène qui m'égrène, où suis-je dans moi ? Retrouverai-je un jour l'essence de mes veines ou est-ce course vaine ? Calcul... quel mot affreux que celui là, je le libelle au cas. J'imagine les ruines intérieures que nous explorons tous sans savoir rebâtir leur carcasse, des touffes herbeuses s'y logent, y trouvant encore de l'eau-de-vie... Ruine c'est bien cela mon corps est ruine, les ronces qui s'y étalent scie égoïne. Alarme qui vrille sans arme je cille...

 

Brève.7* Shakti, essence féline féminine, amie sibylline, si altière, si noble, Adieu...

 

Brève. 8* Un jour chaud et gonflé d'orage se profile tandis que je puzzle 'Le déjeuner' de Monet... Je suis sur mon chemin, trait noirci de paresse et coloré de beauté, ligne étiolée qui s'efface presque dans l'attente d'une autre attente... et je bois, je bois parce que l'alcool me revigore, m'anime, m'alanguis moins qu'il ne me presse...

 

Brève. 9* Mélancolie, nostalgie, jolis mots pour la blessure, la blessure qui dure, qui blesse et me fesse... rêve d'enterrement, gisement sous terre pour mon âme fatiguée par une vie trop jeune, refrain trop souvent répété qui m'alanguis et me noie... suis une oie ? Peut être... sauvage alors ! oie sauvage de Nil Holgerson je plane sur cette Oie.. Oie magique qui du jeu devient rota ou tarot divination angélique... delirium qui n'égalera jamais Artaud ni par les maux ni par les mots...

 

Brève. 10* Trouver ma place, changer de face, m'arracher à cette peau trop collante qui me déguise, galante... Qui sont ces voix frayeurs qui sifflent dans ma tête, m'arrachant larmes et soupirs, alarmes et délires ? Sans cesse déguisée j'ai perdu mon habit de tous les jours, mon doux frou-frou du dimanche, mon costume des jours de fête, je suis nue, pelée, désincarnée . Pourquoi envahie par la peur je casse mon leurre au risque de m'appesantir jusqu'à tomber? Je me manque à moi même, je me mange moi-même, aime moi ange du dedans... parler, parler, sans dire, sourire, rire, amuser, devenir le clown, le clown qui meure au dedans et divulgue la vie au dehors...

 

Le sans dire


Mange-cœur va sans dire

mots coincés dans sa gorge, voyelles qui s'étirent

il est le pantomime

la rime muette et bavarde qui mue et mime

ses clownesques cassures

étreignent sa carcasse jusqu'à la meurtrissure

il va sans dire

il va


Crire

 

  "Pour ne pas toucher taire"

(ce dernier vers emprunté à Barbara Albeck)

Partager cet article
Repost0

commentaires

Visage De L'invisible

  • : Biz'Art
  • : " Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui même, et le plus étonnant est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles." Julien Green, Journal
  • Contact

Déracinés ...

imagesCAZKQ4OQ   " La lisière est belle , s'était toujours entendu dire la jeune fille par ses parents, nous avons bien de la chance  de pouvoir admirer la forêt de nos fenêtres mais, point trop n'en faut. Notre vraie vie se déroule dans les prés, les villes, et villages, les églises et écoles, tous ces lieux harmonieusement disposés et cartésiennement surveillés par les diverses instances de l'ordre social, économique, religieux, et politique."                   

Nancy Huston   femme-arbre2

  "Il y a deux sortes d'arbres : les hêtres et les non-hêtre."

 Raymond Queneau

chaignon li rose

" L'harmonie fut ma mère dans la chanson des arbres et c'est parmi les fleurs que j'ai appris à aimer."

 Friedrich Hölderlin

imagesCAL7CPWN

"C'est l'hiver, les arbres sont en bois"  

Jules Renard  

Krishnamurti

  "La beauté inclut évidemment la beauté de la forme; mais sans la beauté intérieure, la simple appréciation sensuelle de cette beauté de la forme mène à la dégradation, à la désintégration. Il n'est de beauté intérieure que lorsqu'on éprouve un amour véritable pour les gens et les choses qui peuplent la terre, cet amour s'accompagne d'un très haut degrè de considération, de prévenance et de patience."

 

kris

" Cette terre est la nôtre, elle n'appartient ni aux communistes, ni ni aux socialistes, ni aux capitalistes; elle est à vous et à moi, prête à nous offrir une vie riche, heureuse, sans conflit. Mais ce sentiment de la richesse de la vie, ce sentiment de bonheur, ce sentiment qui nous souffle : "Cette terre est à nous", ne peut être suscité par la coercition ou par la loi. Il ne peut venir que de l'intérieur, parce que nous aimons la terre et tout ce qui l'habite : voilà ce qu'est cet état de perpétuel apprentissage."

HaïKuS eStAmPéS

geisha-en-rose-001 1232031722 thumbnail

Jupe virevoltante

et chignon haut placé

 

Je l'ai vu passé

rue de la Gaîté

 

belle

         belle

                  belle

à pleurer

 

Givaudan

estampe japonaise 1

Orchidée du soir

cachant dans son parfum

le blanc de sa fleur

Buson

imagesCAN6RQ19 

Ni sourire

ni larmes

dans cet hibiscus

Ransetsu

Shiro%20Kasamatsu%20Soir%20brumeux%20%20sur%20l%20etang%20d 

Rampant sur le sol

de la maison déserte

un volubilis

Shiki

imagesCAP8OF52 

Sur un tas d'ordures

un volubilis a fleuri -

tardifd'automne

Taigi

hokusai1big 

Visite au cimetière

le plus jeune enfant

porte le balai

Issa

imagesCAYY0J2S

Descendant du champs

ruisselant sur eux

l'eau de l'automne

Buson

BULLE NEIGE 

Sous la lune voilée

les fleurs de Kaido

sommeillent

Kikaku

imagesCAYIIYKH 

Si rudement tombe

sur les oeillets

l'averse d'été

Sampû

PONT HIROSHIGE 

Averse d'été -

les moineaux du village

s'accrochent aux herbes

Buson

estampe 

Même au fond des puits

on peut voir les étoiles

Givaudan

imagesCAMGE2VO

ROUGE

DREAMSELLER by notmystyle 

Ocre rouge, rouge rubis, vermillon, cramoisi, pourpre, sang, carmin, écarlate, lie de vin ... Les nombreux mythes qui évoquent la genèse de la Terre la décrivent de couleur rouge. La science a mis en évidence que le pigment le plus répandu à la surface du globe est l'oxyde de fer qui devient rouge dès qu'il s'altère. Il est donc très probable que le premier continent fut effectivement rouge à l'aube de son Histoire...  

  plagerouge en Chine

La plage rouge de la province de Liaoning en Chine. Les algues de ce marais d'eau salée rougeoient nos mois d'été...

 

Rouge

le rouge de Zao Wou Ki

 

 

l'iris est un coeur...

" Chaque fois qu'un enfant dit : "je ne crois pas aux fées", il y a quelque part une petite fée qui meurt"  

James Matthew Barrie Peter Pan

 

  Fairies Looking Through A Gothic Arch, John Anster Fitzerald 


"Fées répandez partout la rosée sacrée des champs " 

William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été 

Spirit-of-the-Night--1879

Spirit of the Night, John Atkinson Grimshaw

 

"La bonne grâce est le vrai don des fées; sans elles on ne peut rien, avec elle on peut tout."

Charles Perrault, Cendrillon  

Les_anemones_1891-copie-1.JPG

Les anémones, Maurice Denis


"Le hasard, c'est le déguisement de Dieu pour voyager incognito." 

Saint Exupery